Le côté sombre de l'héritage de Linus Pauling

 

Stephen Barrett, M.D.

 

Linus Pauling, Ph.D. (1901-1994) était la seule personne à gagner le prix Nobel non ex aequo à deux reprises. Il s'est mérité ces prix pour la chimie en 1954 et pour la paix en 1962. Son décès récent a stimulé plusieurs hommages pour ses accomplissements scientifiques. Son impact sur la santé, toutefois, a été une autre chose.

Pauling est largement responsable de la fausse idée répandue que des doses élevées de vitamine C sont efficaces contre les rhumes et autres maladies. En 1968, il a postulé que les besoins de la population pour des vitamines et d'autres nutritifs varient beaucoup et que pour demeurer en bonne santé, beaucoup de gens ont besoin de nutritifs en plus grande doses que celles recommandées par les RDA (Recommended Dietary Allowances). Il a aussi spéculé sur l'idée que des mégadoses de certaines vitamines et minéraux seraient le traitement de choix de certaines maladies mentales. Il a appelé cette approche "orthomoléculaire," signifiant la "véritable molécule." Par la suite, il a étendu la liste des maladies qu'il croyait influençables par la thérapie "orthoméléculaire" et le nombre de nutritifs indiqués pour chacune. Aucun scientifique médical ou de la nutrition responsable a partagé ses idées.

La vitamine C et le rhume banal

En 1970, Pauling annonça dans Vitamin C and the Common Cold que prendre 1,000 mg de vitamine C par jour va réduire l'incidence des rhumes par 45% pour la plupart des gens mais pour certaines personnes des plus grandes quantités sont nécessaires [1]. (La RDA pour la vitamine C est 60 mg.) La révision 1976 de son livre, ré-intitulé Vitamin C, the Common Cold and the Flu, suggérait des doses encore plus élevées [2]. Un troisième livre, Vitamin C and Cancer (1979) maintient que des doses élevées de vitamine C peuvent être efficaces contre le cancer. Et encore un autre livre, How to Feel Better and Live Longer (1986), déclarait que des mégadoses de vitamines "peuvent améliorer votre santé . . . pour mieux jouir de la vie et aider à contrôler la maladie cardiaque, le cancer, et d'autres maladies et en diminuant le processus de vieillissement."[3] Pauling lui-même apparemment prenait au moins 12,000 mg de vitamine C par jour et augmenta la dose à 40,000 mg s'il commençait un rhume [4]. En 1993, suite au traitement de radiothérapie pour cancer de la prostate qu'il avait, Pauling aurait dit que la vitamine C retardait le début du cancer pendant 20 ans. Cela n'était pas une déclaration évaluable. Il est mort de la maladie en août 1994.

Un fait scientifique est établi quant la même expérience est reproduite à plusieurs reprises avec les mêmes résultats. Pour évaluer l'effet de la vitamine C sur les rhumes, il est nécessaire de comparer des groupes qui reçoivent la vitamine à des groupes qui reçoivent un placebo (un comprimé qui est identique mais qui ne contient rien). Puisque le rhume banal est une condition très variable, une étude doit comporter une évaluation d'un grand nombre de personnes sur des longues périodes. Au moins 16 études , bien structurées, à double-insu, ont démontré que la supplémentation avec la vitamine C ne prévient pas les rhumes et peut possiblement diminuer les symptômes légèrement [5]. La réduction légère de symptômes peut aussi être le résultat d'un effet quasi-antihistaminique, mais si cela a une valeur pratique est discutable. Les idées de Pauling sont basées sur les mêmes études considérées par les scientifiques, mais ses analyses sont erronées.

Les plus grandes études cliniques, portant sur des milliers de volontaires, ont été entreprises par le docteur Terence Anderson, professeur d'épidémiologie de l'Université de Toronto [6-9]. Dans l'ensemble, ses études suggèrent que l'effet de vitamine C en surplus pourrait légèrement réduire l'intensité des rhumes, mais il n'est pas nécessaire de prendre les doses élevées suggérées par Pauling pour obtenir ce résultat. Il n'y a rien à gagner en prenant les suppléments de vitamine C à l'année longue dans le but de prévenir les rhumes.

Une autre étude importante a été rapportée en 1975 par des scientifiques du National Institutes of Health qui ont comparé des comprimés de vitamine C avec un placebo avant et durant les rhumes. Malgré que l'expérience était supposée être à double-insu, la moitié des sujets pouvait deviner quel comprimé était lequel. Quand les résultats ont été calculés avec tous les sujets ensemble, ceux qui ont pris la vitamine C rapportèrent moins de rhumes par personne sur une période de 9 mois. Mais pour la moitié qui n'ont pas pu deviner quel comprimé était la vitamine C et quel était le placebo, il n'y avait pas de différence dans les deux groupes [10]. Cela illustre comment les gens qui pensent faire quelque chose d'efficace (comme prendre une vitamine) peuvent rapporter des résultats favorables même quand aucun existe.

La vitamine C et le cancer

En 1976, Pauling et le docteur Ewan Cameron, un médecin écossais, ont rapporté que la majorité des cent patients atteints de cancer "terminal" traités avec 10,000 mg de vitamine C par jour ont survécu trois à quatre fois plus longtemps que des patients semblables qui n'ont pas pris de suppléments de vitamine C [11-12]. Cependant, le docteur William DeWys, directeur des investigations cliniques au National Cancer Institute, a trouvé que l'étude a été pauvrement structurée parce que les groupes de patients n'étaient pas comparables [13]. Les patients recevant la vitamine C étaient les patients de Cameron, tandis que les autres patients étaient sous les soins d'autres médecins. Les patients de Cameron ont commencé à prendre la vitamine C quand il les a étiquetés "non-traitables," par d'autres méthodes, et leur survie consécutive a été comparée à la survie des patients "contrôles" après qu'ils aient été étiquetés non-traitables par leurs médecins. DeWys a conclu que si les deux groupes étaient comparables, la durée de temps à partir de leur hospitalisation jusqu'à l'étiquette non-traitable aurait dû être la même dans les deux groupes. Toutefois, il a trouvé que les patients de Cameron étaient étiquetés non-traitables beaucoup plus tôt dans l'évolution de la maladie -- ce qui signifie qu'ils ont été hospitalisés avant qu'ils soient aussi malades que les patients des autres médecins et naturellement vivraient plus longtemps.

Malgré tout ça, pour évaluer si Pauling aurait raison, la Clinique Mayo a entrepris trois études à double-insu portant sur un total de 367 patients avec cancer avancé. Les études, rapportées en 1979, 1983, et 1985, ont démontré que les patients ayant reçu 10 000 mg de vitamine C par jour n'ont pas eu d'effet bénéfique plus que ceux qui ont reçu le placebo[14-16]. Pauling a critiqué la première étude, déclarant que les agents utilisés dans le traitement de la chimiothérapie auraient pu avoir un effet négatif sur le système immunitaire des patients empêchant l'effet bénéfique de la vitamine C [17]. Mais son rapport de 1976 sur le travail de Cameron dit clairement que: "Tous les patients sont traités initialement de façon très conventionnelle, par la chirurgie, la radiothérapie, et l'administration d'hormones et de substances cytotoxiques." Et durant une conférence subséquente à l'Université d'Arizona, il aurait dit que la thérapie avec la vitamine C pourrait être utilisée en plus des modalités conventionnelles de traitement [18]. Les participants dans l'étude de 1983 n'avaient pas subi de traitements conventionnels, mais Pauling a nié les conclusions quand même.

Mettant la science de côté, il est clair que Pauling était politiquement enligné avec les promoteurs de pratiques nutritionnelles non-scientifiques. Il a dit que son intérêt initial dans la vitamine C était stimulé par une lettre du biochimiste Irwin Stone, avec qui il a subséquemment travaillé de près. Malgré que Stone a souvent été appelé "Dr. Stone," ses pièces d'identité n'étaient qu'un certificat montrant qu'il a complété un programme de chimie de deux ans, un degré honorifique de chiropratique du Los Angeles College of Chiropractic, et un "Ph.D." de Donsbach University, une école par correspondance non-accréditée.

Dans un chapitre peu annoncé de Vitamin C and the Common Cold, Pauling attaqua l'industrie des aliments naturels d'avoir mal informé leurs clients. Soulignant que la vitamine C "synthétique" est identique à la vitamine C "naturelle," il a signalé que les produits "naturels" plus dispendieux étaient du "gaspillage d'argent." Et il ajouta que "les mots 'cultivé organiquement' étaient essentiellement faux -- faisant seulement partie du jargon utilisé par les promoteurs d'aliments naturels pour faire des profits exagérés, souvent de personnes âgées avec des revenus bas." Mais le livre Vitamin C, the Common Cold and the Flu, lancé six ans plus tard, ne contenait pas ces critiques. Cette omission n'était pas accidentelle. En réponse à une lettre, Pauling m'a informé que, suite à la publication de son premier livre, il était "très attaqué par les gens qui s'en prenait aux promoteurs d'aliments naturels." Ses critique étaient si "biaisées," qu'il a décidé qu'il ne les laissait plus attaquer l'industrie des aliments naturels pendant qu'une autre partie de leurs attaques étaient dirigées envers lui [19].

Le Linus Pauling Institute of Medicine, fondé a été  fondé en 1973, et oprérait sous de nom jusqu'à 1995 [20]. L'institut était consacré à la médecine "orthomoléculaire." Pendant plusieurs années, la corporation qui a contribué financièrement le plus à l'institut est la maison Hoffmann-La Roche, le géant pharmaceutique qui produit le plus de vitamine C dans le monde. Plusieurs dépliants des campagnes de collecte de fonds de l'institut contenaient des renseignements douteux. Durant les années '80s, par exemple, ils ont maintenu faussement qu'aucun progrès n'a été fait dans le traitement du cancer dans les dernières vingt années.

Une dispute entre Pauling et Arthur Robinson, Ph.D., contribue au fait que sa défense des mégadoses de vitamine C n'était pas tout à fait honnête. Robinson, un ancien élève et associé de Pauling pendant longtemps, a aidé à fonder l'institut et était son premier président. Selon un rapport d'une investigation par James Lowell, Ph.D., dans le bulletin Nutrition, une recherche de Robinson lui a fait conclure en 1978 que des doses élevées (5 à 10 grammes par jour) de vitamine C recommandées par Pauling pourraient actuellement provoquer certains types de cancer chez les souris [18]. Robinson aurait dit à Lowell, par exemple, que les animaux nourris de quantités équivalentes aux recommandations de Pauling avaient fait du cancer cutané presque deux fois plus souvent qu'un groupe contrôle et que seulement des doses de vitamine C approchant les niveaux létaux auraient un effet protecteur. Suite à avoir rapporté cela à Pauling, Robinson a été demandé de donner sa démission de l'institut, ses animaux sur lesquels il a fait des expériences ont été tués, ses résultats saisis, et les résultats d'études antérieures détruits. Pauling a aussi déclaré publiquement que la recherche de Robinson était d'un niveau "amateur" et inadéquate. Robinson a répondu en intentant une poursuite contre l'institut et ses administrateurs. En 1983, la cause a été réglée hors cour pour 575 000$. Dans une entrevue citée dans Nature, Pauling aurait dit que le règlement "représentait pas plus qu'une compensation pour perte de travail et le coût des frais légaux de Robinson." Toutefois, l'entente approuvée légalement précise que $425,000 du règlement était pour diffamation. Les frais légaux de l'Institut étaient près d'un million de dollars [21].

En 1994, Robinson et deux collègues ont résumé les résultats de quatre études sur des souris qu'il avait entremprit pendant qu'il travaillait à l'Institut Pauling [22]. Presque toutes les souris auraient développer des cancers cutanés (carcinome de cellules squammeuses) suite à exposition à la radiation utraviolette.  Ensemble, 1 846 souris chauves ont reçu une total de 38 différentes diètes. Les chercheurs ont trouvé que (a) la vitesse d'apparition des tumeurs pouvait varier autant que 20 fois seulement en modifiant l'équilibre diététique; (b) les diètes avec le pire équilibre des nutritifs avait le plus grand effet inhibitoire sur la croissance des tumeurs; et (c) aucune guérison ou rémission n'était observée (ce que les chercheurs s'attendaient). Les commentaires de Robinson:

Les réssultats de ces expériences a causé un argument entre Linus et moi, qui a mis fin à nos 16 ans de travail ensemble. Il ne voulait pas accepter le fait prouvé suite aux expériences que la vitamine C en doses normales accélérait la croissance de carcinome de cellules squammeuses chez ces souris.

À l'époque, Linus faisait la promotion de ce qu'il prétendait, à savoir, que "la vitamine C seule pouvait empêcher et guérir 75% des tous les cancers." Cette déclaration n'a jamais été prouvé et est fausse. . . . La vitamine C augmentait la vitesse de croissance de cancer aux équivalents humains de 1 à 5 grammes par jour, mais supprimait la vitesse de croissance at des doses dans l'ordre de 100 grammes par jour (près de la dose fatale), comme notés avec d'autres ordres de malnutrition [23].

Des études de laboratoire récentes ont trouvé que la vitamine C pourrait nuire à l'efficacité de cinq médicaments utilisés dans le traitement de cancers. Premièrement, les chercheurs auraient exposé des cellules cancéreuses à un produit de vitamine C, cellules qui antérieurement avaient été traitées par la chimiothérapie, et ont trouvé que 30 à 70% moins de cellules étaient tuées. Ils ont alors injecté des souris avec des cellules cancéreuses, les ont soumis à de la chimiothérapie, et ont trouvé que les cellules devenaient cancéreuses plus rapidement chez les souris qui avaient reçu antérieurement de la vitamine C. Les chercheurs ont émis un avertissement: les expériences animales n'étant pas nécessairement applicables aux humains, la supplémentation avec la vitamine C durant des traitements de cancer pourrait nuire à l'efficacité de la chimiothérapie chez l'homme [24]

 

Autres activités douteuses

 

Durant le milieu des années 1970, Pauling a aidé la campagne de l'industrie des aliments naturels dans une loi fédérale qui affaiblissait la protection de la FDA des consommateurs des fausses déclarations sur la nutrition. En 1977 et 1979, Pauling a reçu des prix et présenta ses idées sur la vitamine C aux congrès annuels du National Nutritional Foods Association (l'association majeure des détaillants, distributeurs et manufacturiers d'aliments naturels). En 1981, il accepta un prix du National Health Federation (NHF) pour "services rendus au nom de la liberté de choix dans en santé" et on a remis à sa fille une adhésion dans cet organisme. Le NHF est reconnu comme promoteur de toute la gamme de charlatanisme. Plusieurs de ces directeurs ont été en difficultés légales et certains ont été condamnés à la prison pour des activités variées reliées à la "santé." Pauling a aussi donné des conférences au Parker School for Professional Success Seminar, un meeting où les chiropraticiens assistent dans le but d'apprendre à développer leurs pratiques (les méthodes enseignées sont très douteuses). Une annonce pour le meeting invitait les chiros à se faire photographier avec Pauling (photo qu'on présume pourrait être utilisée pour la publicité.)

En 1981, après avoir appris que Pauling aurait contribué financièrement au NHF (pour l'adhésion à vie pour sa fille), je lui ai demandé s'il était au courant de l'image douteuse de la NHF et le fait qu'elle était la force la plus puissante contre le traitement de l'eau au fluor aux Êtats-Unis. Je lui ai aussi demandé s'il s'inquiétait que l'argent qui leur a donné pourrait être utilisé à aider cette lutte contre le fluor. Dans une série de lettres, il répondit que: (1) il était fortement d'accord avec le traitement de l'eau au fluor, (2) il était au courant de l'opposition à cela de la NHF, (3) il a essayé de les faire changer d'idées, (4) et a à maintes fois encouragé le traitement au fluor au long des années, et (5) qu'il croyait que d'autres sujets étaient plus importants [19]. Il m'a aussi envoyé un commentaire en faveur du traitement au fluor qui m'a surpris. Malgré que j'aie lu des milliers de documents reliés aux idées de Pauling ainsi que de ses activités, je n'ai jamais eu d'indications qu'il était publiquement en faveur de l'eau traitée au fluor.

En 1983, Pauling et Irwin Stone ont témoigné à une audition pour Oscar Falconi, un promoteur de vitamines accusé par le Service Postal d'avoir fait des fausses déclarations au sujet de plusieurs produits. Pauling a appuyé les prétentions que la vitamine C était utile non seulement dans la prévention du cancer, mais aussi dans la réhabilitation des drogués et dans la destruction des virus et des bactéries. Le Administrative Law Judge a conclu que Pauling ne pouvait pas justifier ces déclarations [26].

Pauling a aussi témoigné en 1984 devant le California Board of Medical Quality Assurance dans la défense de Michael Gerber, M.D., qui était accusé d'avoir mal traité ses patients. Un cas était au sujet d'une patiente de 56 ans qui avait un cancer traitable qui -- selon la conclusion du Board -- est morte résultant de la négligence du docteur Gerber qui l'a traitée avec des herbes médicinales, des enzymes, des lavements au café, et par la thérapie de chélation. Les autres patients étaient des jumeaux de 3 ans avec otite pour laquelle Gerber aurait prescrit 70,000 et plus d'unités de vitamine A par jour et des lavements au café deux fois par jour pour plusieurs semaines. Gerver a perdu son droit de pratique de la médecine suite à ces auditions. Il pratique maintenant au Nevada licencié comme homéopathe.

Un bulletin distribué en 1991 par le Linus Pauling Institute recommandait des doses de 6,000 à 18,000 mg de vitamine C, 400 à 1,600 unités intern. de vitamine E, et 25,000 unités intern. de vitamine A, en plus d'autres vitamines et minéraux variés. Ces dosages ont aucunement été prouvés avoir un effet bénéfique et peuvent causer des effets secondaires fâcheux.

Le Linus Pauling Institute aujourd'hui

Après le décès de Pauling, l'Institut s'inquiétait que les demandes de fonds seraient affectées négativement pour pouvoir continuer son opération. En 1996, les biens du Linus Pauling Institute of Science and Medicine ont été utilisés pour créer le Linus Pauling Institute comme établissement de recherche au OSU pour l'investigation de la fonction et du rôle des micronutritifs, des produits phytochimiques et des microconstituants des aliments dans le but du maintien de la santé chez l'homme et comme prévention et traitement des maladies; et aussi pour l'avancement des connaissances dans des champs auxquels Linus Pauling s'intéressait, par la recherche et l'éducation [27].

Le site web  LPI a des articles excellents sur la fonction eet le rôle de beaucoup de nutritifs. Sauf pour la vitamine E, les taux de nutritifs recommandés par le LPI sont confromes aux opinions scientifiques actuelles. Un article note que les recommandations de Pauling au sujet de la vitamine C étaient basées sur des "arguments théoriques" et que maintenant nous avons beaucoup plus d'information scientifique sur quoi baser des recommandations [28]. Cela est entièrement vrai mais on survole le fait que les théories méganutritionnelles de Pauling étaient absurdes et maintenues malgré avoir été refutées suite à des études scientifiques. Dans l'ensemble, cependant, la LPI est maintenant un établissement respectable d'éducation et de recherche.

Conclusion

Malgré que les prétentions de mégavitamines de Pauling n'avaient pas l'évidence nécessaire pour être acceptées par la communauté scientifique, elles étaient acceptées par un grand nombre de personnes qui n'ont pas l'expertise scientifique pour les évaluer. A cause du prestige de Pauling surtout, les ventes de vitamine C annuelles aux Etats-Unis ont été dans les centaines de millions de dollars pendant plusieurs années. Pauling a aussi joué un rôle dans la campagne réussie de l'industrie des aliments naturels ('health food industry') d'affaiblir les lois de protection des consommateurs de la FDA. Le Linus Pauling Institute qui porte son nom a évolué et devenue un établissement respectable. Mais les conseils irraisonnables de Pauling au sujet des suppléments continuent possiblement à mal influencer la population.

Pour information additionnelle

Rèférences

   1. Pauling L: Vitamin C and the Common Cold. San Francisco: WH Freeman, 1976.
   2. Pauling L: Vitamin C, the Common Cold and the Flu. San Francisco: WH Freeman, 1976.
   3.Pauling L. How to Live Longer and Feel Better. New York: WH Freeman, 1986.
   4. Pauling L: Speech at Natural Foods Exposition, March 29, 1982, reported in Natural Foods Merchandiser, June 1982, p.65.
   5. Marshall CB. Vitamin C: Do High Doses Prevent Colds? Quackwatch, Oct 3, 1999.
   6. Anderson TW and others Vitamin C and the common cold: a double-blind trial. Canadian Medical Association Journal 107:503-508, 1972.
   7. Anderson TW and others. The effect on winter illness of large doses of vitamin C. Canadian Medical Association Journal 111:31-36, 1974.
   8. Anderson TW. Large-scale trials of vitamin C. Annals of the New York Academy of Sciences 258:498-504, 1975.
   9. Anderson TW and others. Winter illness and vitamin C: the effect of relatively low doses. Canadian Medical Association Journal 112:823-826, 1975.
10. Karlowski TR, Chalmers TC and others. Ascorbic acid and the common cold: A prophylactic and therapeutic trial. JAMA 231:1038-1042, 1975.
11. Cameron E, Pauling L. Supplemental ascorbate in the supportive treatment of cancer: prolongation of survival times in terminal human cancer. Proceeding of the National Academy of Sciences 73:3685-3689, 1976.
12. Cameron E, Pauling L. Supplemental ascorbate in the supportive treatment of cancer: reevaluation of prolongation of survival times in terminal human cancer. Proceeding of the National Academy of Sciences 75:4538-4542, 1978.
13. DeWys WD. How to evaluate a new treatment for cancer. Your Patient and Cancer 2(5):31-36, 1982.
14. Creagan ET and others. Failure of high-dose vitamin C (ascorbic acid) therapy to benefit patients with advanced cancer. A controlled trial. New England Journal of Medicine 301:687-690, 1979.
15. Moertel CG and others. High-dose vitamin C versus placebo in the treatment of patients with advanced cancer who have had no prior chemotherapy. A randomized double-blind comparison. New England Journal of Medicine 312:137-141, 1985.
16. Tschetter L and others. A community-based study of vitamin C (ascorbic acid) in patients with advanced cancer. Proceedings of the American Society of Clinical Oncology 2:92, 1983.
17. Pauling L. Vitamin C therapy and advanced cancer (letter). New England Journal of Medicine 302:694, 1980.
18. Lowell JA. Some notes on Linus Pauling. Nutrition Forum 2:33-36, 1985.
19. Pauling L. Letters to Stephen Barrett, M.D., March 26, April 23, May 18, May 28, 1981.
20. About the LPI. Linus Pauling Institute Web site, accessed June 8, 2008.
21. Goertzel T, Geortzel B. Linus Pauling: A Life in Science and Politics. New York: Basic Books, 1995.
22. Robinson AB and others, Suppression of squamous cell carcinoma in hairless mice by dietary nutrient variation. Mechanisms of Ageing and Development 76:201-214, 1994.
23. Robinson AB. Nutrition and Cancer. Nutrition and Cancer Web site, Dec 1999.
24. Heaney ML and others. Vitamin C antagonizes the cytotoxic effects of antineoplastic drugs. Cancer Research 68:8031-8038, 2008.
25. Pauling L. The fluoridation of drinking water. Nov 29, 1967.
26. Appeal of P.S. Docket No. 16/18, Falconi d/b/a/ Wholesale Nutrition Club, 3/22/84.
27. Linus Pauling biography. Linus Pauling Institute Web site, accessed June 8, 2008.
28. The difference between Dr. Linus Pauling's recommendations and the Linus Pauling Institute's recommendation for vitamin C intake. Linus Pauling Institute Web site, accessed June 8, 2008.

Cet article a été revisé et les corrections apportées par M Robert Lesage le 9 avril, 2005. Il a été subséquemment revisé le 23 oct. 2008 et la traduction mise à jour le 10 janv. 2010.

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