Comment choisir un chiropracticien

 

Stephen Barrett, M.D.

 

Choisir un chiropracticien peut être difficile parce que la majorité des chiros sont impliqués dans des pratiques non-scientifiques [1,2]. Si vous décidez d'en consulter un, commencez par une entrevue téléphonique durant laquelle vous pourrez sonder les attitudes et les pratiques du chiro.

Signes positifs

Essayez de trouver un chiro dont la pratique est limitée à des traitements conservateurs de douleur lombaire et d'autres problèmes musculo-squelettiques. Demandez à votre médecin une liste de noms de chiros qui rencontrent ces critères et qui semblent fiables.

Ètre embre de la National Association for Chiropractic Medicine ou de la Canadian Academy of Manipulative Therapists (CAMT) est un très bon signe, mais le nombre de chiros qui y appartient est petit. Les "orthopractic guidelines" de la CAMT décrivent une approche scientifique à la thérapie manipulatrice.

En plus de la manipulation manuelle ou l'étirement de muscles ou articulations tendus, les chiros orientés vers la science utilisent habituellement des compresses chaudes ou de glace, des traitements à ultra-sons, et d'autres techniqurs semblables à celles des physiothérapeutes. Ils peuvent aussi recommander un programme d'exercice à domicile. Pour la plupart des problèmes où la chiropraxie peut venir en aide, l'amélioration devrait être évidente après très peu de visites.

Signes négatifs

Évitez les chiros qui font des annonces soulignant les "signes de danger qui signifient le besoin de soins chiropratiques". Évitez qui affirment guérir des maladies, qui demandent aux patients de signer des contrats de traitement à long terme ou qui font la promotion d'ajustements "préventifs" réguliers. Évitez qui utilisent la peur dans leurs tactiques de vente, ceux qui se prononcent contre les traitements médicaux scientifiques ou contre les immunisations ou le traitement de l'eau au fluor.

Evitez aussi les chiros qui prétendent diagnostiquer ou traiter les "subluxations". Évitez ceux qui font de la publicité sur "l'interférence neurale" comme cause sous-jacente de maladies par des pamphlets en évidence dans leurs salles d'attente ou qui affichent des tableaux et distribuent de la documentation suggérant que la chiropraxie puisse aider pour à peu près toutes les sortes de problèmes de santé.

Évitez tout chiro qui fait ou demande des radiographies de routine à tous ses patients. La plupart des patients qui consultent un chiro n'en ont pas besoin. Soyez surtout méfiants face à la radiographie complète de la colonne vertébrale. Cette pratique a une valeur diagnostique douteuse et implique une irradiation importante.

Evitez les chiros qui "prescrivent" des suppléments diététiques, des remèdes homéopathiques ou des herbes médicinales comme traitement de maladies ou qui vendent ces produits dans leurs cabinets. Pour des conseils de diète, les meilleures sources sont les médecins et diététicien(ne)s certifié(e)s.

Évitez les chiros qui vous offrent le test 'Biological Terrain Assessment' (analyse du terrain biologique), analyse du gras corporel, des analyses informatisées de "déficiences diététiques," l'analyse de contour réflexe, l'analyse informatisée de la "marge de mobilité", l'analyse de contour (aussi appelé contourographie moire), les tests cytotoxiques, l'analyse électrodermique, la FIA ou 'Functional Intracellular Analysis' (l'analyse intracellulaire fonctionnelle), l'analyse capillaire, l'analyse de crystalisation des herbes, l'inclinométrie, l'iridologie, l'analyse de la longueur des membres inférieurs, l'analyse des cellules sanguines vivantes (aussi appelée l'analyse sanguine nutritionnelle ou Hemaview), la Nutrabalance, le NUTRI-SPEC, la divination pendulaire, la réflexologie, l'analyse salivaire, l'analyse de la colonne vertébrale par ultra-sons pour "mesurer le progrès," l'électromyographie de surface (SEMG), la thermographie, un appareil Toftness, la prise du poids sur un appareil à deux balances appelé Spinal Analysis Machine (SAM), ou toute autre prodédure diagnostique douteuse identifiée sur Quackwatch.

Évitez les chiros qui utilisent l'acuponcture, les 'Activator Methods', les tests d'allergie, la kinésiologie appliquée, la 'Bio Energetic Synchronization Technique' ou B.E.S.T., la thérapie de chélation, l'irrigation colonique, la thérapie crânienne ou cranio-sacrée, l'acuponcture au laser, la thérapie magnétique ou bio-magnétique, ou la technique d'organisation neurale ("Neural Organization Technique (NOT) ou la technique neuro-émotionnelle ("Neuro Emotional Technique ou NET), ou qui montrent un penchant dogmatique vers toute technique chiropratique spécifique ou une école de pensée quelconque.

Il faut comprendre que certains traitements chiropratiques ne sont pas sans risques. Les manipulations de la colonne vertébrale qui consistent en mouvements soudains ont un potentiel de blessure plus élevé que des types de thérapie plus conservatrices. Soyez prévenus que la manipulation cervicale chiropratique qui consiste d'extension et rotation peut causer des blessures sérieuses. Même si la probabilité d'accidents cérébro-vasculaires, la paralysie, ou tout autre blessure neurologique soit petite, de tels traitements ne peuvent être justifiés sur la base de risques/bénéfices.

Précautions additionnelles

Ne consultez jamais un chiro à moins que votre problème n'ait été diagnostiqué par un médecin compétant. Ne vous fiez pas sur un chiro pour le diagnostic. Bien que certains chiros préfèrent ne pas s'impliquer dans des difficultés diagnostiques, il n'y a pas de moyen facile pour un consommateur de prévoir l'action du chiro. Comme précaution additionnelle, demandez au chiro qui vous traite de discuter votre cas avec votre médecin.

Rappelez-vous que bien que la thérapie par la manipulation soit valable comme traitement de douleur lombaire et qu'elle peut soulager d'autres problèmes musculo-squelettiques, les chiros ne sont pas les seuls à la pratiquer. Les physiothérapeutes, plusieurs médecins ostéopathes, et un petit pourcentage de médecins conventionnels l'administrent aussi. La Canadian Association of Manipulative Therapists est une bonne source de référence pour les praticiens canadiens.

Références

1. Christenson MG, Morgan DRD. Job Analysis of Chiropractic: A Report,
Survey Analysis, and Summary of the Practice of Chiropractic within the
United States. Greeley, Colorado: National Board of Chiropractic Examiners,1993. Ce rapport est le résultat de réponses de 4,835 chiros en pratique active suite à une enquête de 1991 du NBCE au sujet de leurs pratiques durant les dernières deux années. Les chiffres incluent: Activator Methods 51.2%, la kinésiologie appliquée 37.2%, l'acupression/thérapie méridienne 65.5%, l'acuponcture 11.8%, l'ajustement des os crâniens 27.2%, et remèdes homéopathiques 36.9%. Les conseils "nutritionnels" étaient classés comme 83.5%. Malgré que les résultats n'indiquent pas ce qui était impliqué, il est clair qu'un grand pourcentage prescrivaient des suppléments diététiques de façon inappropriée.

2. Chiropractors. Consumer Reports 59:383-390, 1994. Ceci comprenait une enquête de 476 chiros choisis au hasard des membres de l'American Chiropractic Association. Près du quart des 274 répondants avaient envoyé de la documentation notant que les désalignements de la colonne vertébrale et les "interférences" menaçaient la santé globale, et que 35% impliquaient la colonne vertébrale dans les troubles organiques.

Mise à jour faite le 13 oct. 2000.

Texte revisé et corrections apportées par M Georges-André Tesser le 9 nov. 2003.

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