La chiropratique aux Etats-Unis: formation, pratique, et recherche

 

Avant-propos par Daniel C. Cherkin, PhD and Robert D Mootz, DC

 

**Annotations en rouge par Stephen Barrett, M.D.

 

Il y a cent ans, le fondateur de la profession chiropratique, D. D. Palmer, aurait utilisé la manipulation de la colonne vertébrale pour rétablir l'ouïe d'un concierge qui était sourd. Une série d'évènements à la suite de cet incident dramatique éventuellement s'est traduit par l'établissement de ce qui est considérée aujourd'hui une des plus grandes profession de soins de santé aux Etats-Unis. Dès ses débuts, cette nouvelle profession a remplacé des traitements plus invasifs par l'ajustement de la colonne vertébrale (ou manipulation) l'approche principale comme traitement. Durant la majeure partie du premier siècle de son existence, la chiropratique n'était pas acceptée par la profession médicale et a demeuré en marge comme traitement. En effet, aussi récemment qu'en 1980, les Principles of Medical Ethics de l'American Medical Association proscrivait toute association entre les médecins et les chiropracticiens ou d'autres "pratiquants non-scientifiques."

** C'est vrai, mais c'est une erreur de penser que le fait que ce guide existe ait eu un effet quelconque sur les attitudes des médecins. Les médecins ont toujours eu, et ont encore aujourd'hui une mauvaise opinion au sujet des chiros.

Dans les dernières 10 ou 15 années, il y a eu des changements importants aussi bien au sein des chiros que dans la relation entre les chiros et le domaine des soins de santé. Au sein de la profession, des progrès sérieux ont été faits pour améliorer la qualité de la formation dans les 17 collèges accrédités de chiropratique en Amérique du Nord.

**En effet, des progrès significatifs ont été réalisés à certains des collèges, mais la qualité de l'instruction chiropratique dans l'ensemble n'est pas bonne. Je vais discuter de cela en détail dans d'autres articles affichés sur Quackwatch.

De plus, un petit cadre de chercheurs en chiropratique a été formé, initialement par des subventions de fondations variées de chiropratique et plus récemment du gouvernement fédéral. Comme résultat, les chercheurs en chiropratique sont devenus impliqués dans une variété d'études, incluant des essais cliniques, faites au hasard, évaluant l'efficacité de la manipulation de la colonne vertébrale.

**Cela est vrai, mais la recherche en chiropratique n'a contribué presque rien au progrès de la médecine et a eu aucun ou peu d'effet sur la pratique de la profession.

Non reliées à la profession, des études ont commencé à documenter le rôle majeur que les chiros jouent dans le soins des personnes avec problèmes de dos ou de cou malgré l'absence d'une connaissance du mécanisme biologique valide basée sur expériences au sujet de l'efficacité de la manipulation (don Kuster, 1980; Mugge, 1986; Shekelle, 1991).

**La plus gros de la recherche suggérant que la manipulation de la colonne puisse aider la douleur aigue lombaire a été faite par des médecins de médecine conventionnelle et par des physio-thérapeutes. De plus, les études dans lesquelles les manipulations ont été faites par des chiros ne reflétaient pas nécessairement ce qui arriverait aux patients qui consultaient des chiros à leurs cabinets. Une plus récente revue de la recherche sur l'efficactié du traitement chiropratique pour douleurs lombaires a conclut: (1) les conclusions sur l'efficacité de la chiropratique devraient être basées seulement sur les études chiropratiques; et (2) les reportages précédents (comme le rapport RAND) sur la manipulation de la colonne étaient basées sur la recherche dirigée par des non-chiros; (3) seulement huit études contrôlées faites au hasard et par des chiros entre janvier 1966 et juin 1995 sont conformes à leurs critères de recherche; (4) toutes les études ont des erreurs significatives dans leur structure; (5) il n'y avait pas de preuve convainquante que la manipulation chiropratique soit efficace pour les lombalgies aigues ou chroniques; et (6) avant que d'autres études soient considérées, les chercheurs chiropratiques devraient établir des directives uniformes pour la structure et reportages des études cliniques. [Assendelft WJJ et al. The effectiveness of chiropratic for treatment of low back pain: An update and attempt at statistical pooling. Journal of Manipulative and Physiological Therapeutics 19:499-507,1996.]

D'autres études ont documenté des taux élevés de satisfaction chez les patients ayant obtenu des soins chiropratiques (Cherkin, 1989; Kane, 1974; Carey, 1995). Les gens avec des lombalgies qui ont reçu des soins de chiros ont déclaré avoir été plus satisfaits de leurs soins que les patients de médecins conventionnels (Cherkin, 1989).

** Vrai, mais la satisfaction ne veut pas nécessairement dire que le traitement est efficace.

Plusieurs études non-faites au hasard ont aussi suggéré que le traitement chiropratique soit plus efficace que le traitement médical pour les lombalgies chez les blessés au travail (Assendelft, 1993)

**Cela réfère à une étude sur plusieurs études du 'worker's compensation (WC)' (connue ici comme la CSSST) identifiée par une recherche sur Medline de 1966 à 1990. Le chercheur conclut:

Le caractère rétrospectif des études WC et l'utilisation de sources
de données vastes du WC comportent des problèmes méthodologiques
sérieux comme la non-comparabilité des groupes étudiés, l'absence
de renseignements sur les indices de pronostique, des évaluations
insuffisantes des conclusions et des données perdues. . . . A cause
des lacunes méthodologiques identifiées, les études WC sont
insuffisantes pour arriver à une étude valable de l'efficacité
des méthodes de traitement chiropratique.

Il est vite devenu clair que, malgré que l'évaluation de l'efficacité de soins chiropratiques n'ait pas encore été faite d'une façon scientifiquement rigoureuse, les chiros semblaient satisfaire les besoins de beaucoup d'américains souffrant de douleur lombaires et cervicales. Que leur succès apparent soit du à leur sélection de patients croyant fermement aux traitements chiropratiques, ou aux effets non-spécifiques des traitements, à l'attitude positive attentive commune à beaucoup de chiros, ou à l'efficacité de la manipulation de la colonne ou d'autres traitements chiropratiques, n'est pas connu. Néanmoins, parce que la plupart des traitements médicaux normaux pour les lombalgies sont de valeur douteuse (Deyo, 1983), la chiropratique semblait pour beaucoup un moyen alternatif raisonnable.

Durant les dernières cinq années, la manipulation de la colonne a été le point saillant de synthèses de la littérature médicale avec preuves à l'appui ainsi que des méta-analyses faites par des chercheurs de médecine conventionnelle et de chiros (Anderson, 1992; Shekelle, 1992; Koes, 1991). Une méta-analyse formelle de la littérature a conclut que la manipulation de la colonne était bénéfique à court terme pour les patients présentant de la douleur lombaire aigue non-compliquée mais il y avait peu d'évidence pour ou contre la manipulation pour les patients présentant de la douleur reliée aux racines nerveuses ou douleur lombaire chronique (Shekelle, 1992). Une revue à double insu systématique de la littérature de 35 études cliniques faites au hasard a conclut que malgré que les résultats étaient prometteurs, l'efficacité de la manipulation n'était pas encore démontrée de façon convainquante (Koes, 1991). Malgré que seulement cinq des études faites au hasard portaient sur la manipulation pratiquée par un chiro, les conclusions des ces synthèses de la littérature ont fournit de l'évidence objective que la manipulation de la colonne était probablement au moins aussi efficace pour les douleurs lombaires que la plupart des traitements médicaux normaux.

Les directives nationales avec preuves à l'appui pour le diagnostique et traitement des douleurs lombaires ont été publiées récemment aux Etats-Unis (Bigos, 1994) et en Angleterre (CSAG, 1994). Guidées par la même évidence scientifique utilisée dans les synthèses de la littérature au sujet de la manipulation, les deux publications ont conclut que la manipulation peut être bénéfique chez les patients avec douleur lombaire aigue sans radiculopathie. Parce que plus de 90 pour cent des manipulations de la colonne sont faites aux Etats-Unis par des chiros (Shekelle, 1992), ces recommandations sont interprètées comme une endossement sans aucun doute de la manipulation chiropratique.

**Cette perception, principalement par les chiros n'était pas valide. Paul Shekelle, M.D. qui dirigeait l'étude RAND sur la manipulation de la colonne a réagit en colère à cette perception dans le numéro de juillet 1993 du Journal of Chiropractic. Dans un article intitulé "RAND Misquoted," il déclara:

Les conclusions RAND portaient sur la manipulation de la
colonne, non pas sur la chiropratique, et tenaient compte
des indications, qui sont une mesure de leurs effets
bénéfiques ou adverses. L'efficacité de la chiropratique et
d'autres traitements n'étaient pas étudiés.

Alors, presque cent ans après le succès légendaire de D.D. Palmer de la manipulation de la colonne, cette technique et la profession avec laquelle elle est le plus associée, la chiropratique, ont acquis une légitimité dans le système de soins de santé aux Etats-Unis qui jusqu'à récemment n'était pas imaginable.

A cause de la rapidité des changements dans les opinions sur la manipulation de la colonne et la chiropratique, et le fait que beaucoup de médecins pratiquants ont commencé leur pratique à une période durant laquelle les chiros étaient considérés des "charlatans," la majorité des médecins conventionnels ont eu peu à faire avec les chiros et ne les connaissent à peu près pas.

**Je crois que la plupart des médecins ont une opinion négative au sujet des chiros et que ces opinions ont été formées en écoutant les rapports de leurs patients qui ont consulté des chiros. Les conseils des chiros d'éviter les immunisations, par exemple, sont très mal vus par les pédiatres.

Devant la popularité croissante et la légitimité des soins chiropratiques, il est important que les préposés aux soins de santé, les assureurs, les responsables politiques, et les personnes avec douleur lombaire aient une bonne compréhension du côté positif et des limites des traitements chiropratiques. Actuellement, les sources d'information au sujet des chiros et leurs traitements sont éparpillées, souvent biaisées, et, à cause des changements constants affectant la profession, périmées.

**Lorsque la chiropratique est critiquée en donnant des exemples de ses limitations, les chiros répondent en déclarant que l'information n'est pas représentative des chiros d'aujourd'hui.

Cette monographie, qui reflète une collaboration entre érudits, chercheurs, et pratiquants des communautés médicales et chiropratiques, tente de fournir un survol non-biaisé de ce qui est connu ou non au sujet de la profession et de la pratique de la chiropratique. Les contributeurs ont été choisis selon leur expertise sur un ou plusieurs des sujets de la monographie. Tous les individus impliqués dans ce projet partageaient l'idée de produire une monographie qui serait représentative d'une vue d'ensemble complète et uniforme de la profession de chiropratique et de son rôle courant et potentiel futur dans le système de santé aux Etats-Unis. Il est souhaité que cette information non seulement aide les décideurs de préciser le rôle approprié des chiros dans le système de santé de l'avenir, mais aussi les préposés aux soins de santé et les gens souffrant de douleurs lombaires de mieux comprendre la valeur et les limites de la chiropratique.

**Ce rapport est biaisé. Il est rempli de déclarations trompeuses et ne dit rien au sujet de l'activité immorale et du charlatanisme qui sont flagrants chez les chiros. A ma connaissance, aucun des contributeurs n'a publié ou s'est prononcé sur l'étendue de ces problèmes, et personne qui l'a fait ait été invité à participer dans la préparation de ce rapport.

Nous sommes profondément reconnaissants envers les auteurs dont les contributions ont rendu cette monographie possible, dont Dakota Duncan pour son immense aide dans la préparation du manuscrit, et Janet Street, MN, CPNP, pour la gestion du projet. De plus, nous aimerions remercier Larry Rister, Louis Sportelli, DC, Gary Schultz, DC, Daniel Hansen, DC, Christine Goertz, DC, et Joseph Keating, PhD, pour leur aide dans la compilation de l'information et l'accès à des données inaccessibles autrement. Nous sommes aussi reconnaissants à l'Agency for Health Care Policy and Research, pour son aide financier nécessaire à ce projet. Finalement, nous aimerions remercier Peter Curtis, MD, Richard Deyo, MD, MPH, Daniel Hansen, DC, Ted Kaptchuk, OMD, Gary Schultz, DC, John Triano, MA, DC, et James Weinstein, DO, MPH, qui ont revisé cette monographie de façon indépendente. Leur contribution a beaucoup amélioré la clarté et la précision du produit final.

Références

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