Charlatanisme dans le domaine oculaire

 

Russell S. Worrall, O.D.

Jacob Nevyas, Ph.D.

Stephen Barrett, M.D.

 

Depuis les temps anciens, beaucoup de gens croyaient que la vision mauvaise pourrait être corrigée avec des exercices oculaires. Cette fausse idée a été fortement popularisée par un médecin déjà bien renommé, William Horatio Bates, M.D., qui en 1920 publia The Cure of Imperfect Eyesight by Treatment Without Glassses.

En 1917, Bates s'est joint à Bernarr Macfadden, un adepte des vogues en alimentation qui publia le magazine Physical Culture. Ils ont en collaboration offert un cours du Bates System of Eye Exercises à un coût qui incluait une souscription au magazine. Cette entreprise a été considérable bien reçue et a mené beaucoup de gens à croire au Système de Bates. Toutefois, l'impact principal du travail de Bates a été réalisé après la publication de son livre. Ce livre a attiré de nombreux charalatans et leurs disciples vulnérables qui ont eux aussi procédé à une multitude de livres non-scientifiques et des articles sur le sujet de la vue. En chantant les louanges du système de Bates, ces auteurs encourageaient leurs lecteurs de "jeter" leurs lunettes. Certains de ces auteurs ont même fondé des écoles.

Contrairement aux données scientifiques, Bates enseignait que les erreurs de réfraction seraient dues non pas à la forme de base du globe oculaire ou à la structure de la lentille de l'oeil, mais à un dérèglement fonctionnel et guérissable de l'action des muscles à l'extérieur du globe oculaire. Tous les défauts de vision, il a dit, étaient causés par la fatigue des yeux et à la tension nerveuse; et la vision parfaite pourrait être atteinte avec la relaxation complète des yeux. Bates avertissait que les lunettes causaient la détérioration de la vue; en plus il déplorait l'emploi de lunettes de soleils. Bates maintenait que ses exercices pourraient corriger la myopie, l'hypertmétropie, l'astigmatisme, et la presbytie (difficulté des gens plus âges de fixer les objets près). Ils peuvent aussi guérir des maladies comme les cataracts, les infections oculaires, le glaucôme, et la dégénérescence maculaire. Ses exercices incluent couvrir les yeux et tenter de voir la noirceur (palming) et regarder deux objets en alternant d'un à l'autre de façon répétée (de manière rythmique).

Il me semble évident que ces exercices ne pourraient pas avoir un effet sur des conditions oculaires comme Bates maintenait. La myopie, l'hypermotropie, l'astigmatisme, et la presbitie sont le résultat de caractéristiques innées et acquises de la lentille et du globe oculaire -- qu'aucun exercice puisse changer. Pour ce qui est des maladies oculaires, la seule chose que les exercices puissent faire c'est de retarder les soins médicaux et chirurgicaux appropriés et causer des dommages oculaires permanents. Les prétensions que Bates a fait en annonçant son livre étaient tellement douteux qu'en 1929 la Federal Trade Commission a fait une plainte contre lui pour avoir fait de la publicié qui était "erronnée et trompeuse".

Après la mort de Bates en 1931, sa pratique et l'enseignement qu'il faisait ont été continués de façon très réussie par son épouse Emily avec l'aide du Dr. Harold M. Peppard. Mme Bates avait travaillé avec son mari pendant plusieurs années, et Peppard était un partisan fervent du système Bates. Une version éditée du livre du Dr Bates a été publiée en 1940 sous le titre Better Eyesight Without Glasses.Cette version a été revisée plusieurs fois et est encore en presse. Ces recommandations incluent "le traitement solaire" qui consiste à laisser le soleil briller sur les yeux fermés et ensuite sur la sclérotique (la portion blanche des yeux) tout en regardant vers le bas. Selon le livre: "on ne peut pas avoir trop de traitement solaire."

D'autres promoteurs douteux ont suivi le chemin que Bates a dressé. Un des plus connus était Gayelord Hauser, un adepte de manie alimentaire et favori des gens de Hollywood, qui en 1932 publia Keener Sight Without Glasses. En combinant les exercices oculaires et des théories sur la diète, Hauser a pu augmenter la vente de ses produits diététiques.

Au milieu des années 1950s, Phillip Pollack, OD, un optométriste éminent dans la ville de New York, a écri une critique sévère du système Bates [1]; à noter que la majorité des optométristes de ophtalmologues considèrent les notions de Bates comme erronnées. Néanmoins. la méthode de Bates persiste a avoir beaucoup de partisans. Certains sont très fiables aux techniques traditionnelles de Bates, pendant que d'autres utilisent des appareils dispendieux informatisés avec implications biologiques. Leur promotion ne se limite pas à des livres et magazines, mais peuvent inclure des campagnes publicitaires par courrier avec des brochures de haute classe, et des numéros de téléphone sans frais, lançant des programmes semblables avec des gadgets nouveaux et des vidéos disponibles par courrier. Méfiez-vous des "instituts" utilisant comme exemples des villes de collèges bien connus par leurs noms ou "médecins" avec des pièces d'identité douteuses, comme une que nous avons eu la chance de voir qui était un degré universitaire provenant non pas de "l'Université de Californie" mais de "l'Université en Californie."

Thérapie visuelle

"Les thérapeutes visuels", comme Bates, maintiennent qu'ils renforcent la vue par une série d'exercices. Contrairement à la relaxation utilisée par Bates, les thérapeutes visules promulguent des exercices actifs. Ils soulignent la coordination des mains avec les yeux, l'observation d'une série de lumières clignotantes, la fixation sur des lumières coloroées (Syntonics). exercices utlisant une trampoline et même dormir dans une position particulière. Souvent ils prescrivent des lunettes à doubles foyers et à prisme pour les myopes. Ils promettent l'élimination de lunettes, et prétendent que ces méthodes puissent améliorer la perfomance à l'école et du côté athlétique, augmenter le quotient intélectuel, aider à combattre des difficultés d'apprentissage, et aider à prévenir la délinquence juvénile. Toutefois, il n'y a aucune évidence pour appuyer ces déclarations [2-4].

En 2009, le United Kingdom's College of Optometrists a évalué dix types de programmes douteux reliés à la vision qui étaient promulgués comme pouvant améliorer des problèmes de vision, mentaux, neurologiques ainsi que de comportement: (a) thérapie de la vision pour des conditions d'accomodation/convergence; (b) des thérapies visuelles pour la dyslexie et d'autres formes de difficultés dans les tâches académiques; [c] des prismes pour des conditions de myopie bioculaire ('near binocular disorders') et pour produire des modifications de posture; [d] des prescriptions de 'point stress' et de 'low-plus'; [e] l'emploi de lentilles 'low-plus' pour travail de près pour diminuer la progression de la myopie; [f] des exercices pour réduire la myopie; [g] des approches de comportement pour traiter le strabisme et l'amblyopie; [h] de la formation de conscience centrale et périphérique ee de 'syntonics'; [i] thérapie de vision reliée aux activités sportives; et [j] la neuro-réhabilitation suite à trauma ou accident cérébro-vasculaire. Les reviseurs ont conclu:

Il y a une pauvreté constante d'études cliniques contrôlées dans la littérature médicale pour appuyer les approches de comportement optométriques. Malgré la présence de zones o1 l'évidence disponible semble corroborer les déclarations faites par les optométristes de comportement (plus probablement en relation avec le traitement d'insuffisance de convergence, l'emploi de prismes accouplés chez des patients avec problèmes neurologiques, et en réhabilitation de la vison suite à trauma ou maladie cérébrale), une grande majorité des approches de la gestion du comportement ne sont pas basées sur des preuves, et alors ne peuvent pas être conseillées [5].

Il existe un segment de la thérapie de la vision connue sous le nom d'orthoptique qui peut aider les individus ayant de symptômes de tension visuelle ou fatigue avec des problèmes de coordination légère ou de mise au point (incluant l'insuffisance de conversion), de vision double, ou même de strabisme (yeux 'croches' ou 'tournés' [turned]) et d'amblyopie ('yeux paresseux') [6-9], Plusieurs optométristes, ophtalmologues et Orthoptistes Certifiés offrent des services de diagnostic et de traitement orthoptiques.

Des thérapeutes visuels qui se nomment optométristes de "développement" ou de "comportement" adhèrent à l'idée que la plupart des problèmes visuels sont le résultat de facteurs d'apprentissage et environnementaux, et qu'ils peuvent être corrigés par entraînement. Souvent ils prescrivent des lunettes avec une force faible ("lunettes d'apprentissage") avec des doubles foyers à des enfants. Les initiales C.O.V.D. après leurs noms signifient College of Optometrists in Vision Development, qui est un organisme national qui fournit la formation, la promotion, et des services de référence à leurs membres. Un autre groupe adepte est l'Optometric Extension Program (O.E.P.), qui était au début appelé Oklahoma Extension Program dans les années '20, qui a contribué énormément à promouvoir la profession d'optométrie en offrant aux optométristes en pratique l'éducation postgraduée continue. Dans les dernières années, toutefois, ses programmes soulignaient l'importance de la thérapie visuelle. Malgré qu'il n'y ait aucune évidence scientifique que la thérapie visuelle puisse améliorer la performance académique, les activités de relation publique de ces deux organismes ont réussi à convaincre plusieurs enseignants et conseillers de référer des enfants avec la dyslexie à un optométriste de comportement et développement.

La dyslexie, une appellation souvent mal comprise, signifie tout simplement à un problème sévère de lecture chez une personne autrement normale. Les experts de la lecture ont identifié plusieurs causes de la dyslexie, la majorité étant reliées à l'habilité de cerveau d'interpréter le son des paroles pronon çées ou de traduire l'information du langage rapidement [10-14]Parce que la lecture nécessite la vue, les enseignants et parents souvent assument faussement qu'elle est causée par des problèmes visuels. Les problèmes de la vue et de la coordination visuelle, toutefois, ne sont pas la cause de la dyslexie. Les lunettes vont aider si l'enfant a de la difficulter à voir les mots clairement, mais elles sont souvent prescrites inutilement. Les exercices pour renforcir les muscles (l'orthoptique) peuvent aider si un léger strabisme existe du à un manque d'équilibre musculaire pour la fixation, mais les exercices pour améliorer la "coordination" n'aident pas pour la dyslexie. La prépondérance des études ont démontré que l'entraînement relié à la vision n'a aucun effet ou d'effet négatif sur l'apprentissage de la lecture [2-4].

Les parents souvent abandonnent le bon sens dans leur recherche d'aider leurs enfants en difficulté et deviennent des proies de thérapeutes qui promettent une guérison [15]. Il y a quelques années, un programme d'entraînement visuel a été lancé dans des supermarchés avec des annonces sous forme de feuillets que les clients pouvaient détacher et garder visant des parents vulnérables. Le pratiquant, se ventant que l'entraînement visuel est une spécialité à bas prix, et très rentable, aurait déclaré qu'il a généré près de $950,000 en nouveaux comptes durant la campagne de publicité dans les supermarchés dans une période de douze mois [16].

Des promesses d'amélioration dramatique de la vitesse de lecture sont souvent faites par des thérapeutes visuels avec des programmes de lecture rapide. Si vous pouvez lire mais vous êtes fatigué ou liser lentement, ces programmes peuvent aider. Toutefois, ils ne vous aiderons probablement pas à doubler ou tripler votre vitesse de lire, comme ils prétendent faire. Des études ont montré que beaucoup de personnes peuvent gagner 20 à 50% de vitesse dans leur lecture et se sentent plus confortables en lisant avec les lunettes appropriées et une thérapie visuelle si nécessaire [6,17,18].

Il y a aussi plusieurs manuels sur "s'aider soi-même" visant les gens qui veulent améliorer leur vue "naturellement" sans lunettes. Ils incluent Dr. Friedman's Vision Training Program, Lisette Scholl's Visionetics: The Holistic Way to Better Eyesight, Taber's Eye-Robics, and Dr. Salov's Hidden Secrets for Better Vision. Tous tels programmes promettent beaucoup mais il y a très peu d'évidence qu'ils vont réellement améliorer le vision des lecteurs.

Des promesses semblables ont été faites pour le kit de See Clearly Method que l'American Vision Institute (AVI) aurait développé et licencié à Vision Improvement Technologies (VIT). [19] Ce produit, qui semble combiner les techniques de Bates et de thérapies visuelles, inclue un manuel d'instructions, journal quotidien de progrès, carte d'exercices oculaire, et des cassettes audio et vidéo. De 1999 jusqu'à 2006, le site web de VIT déclarait que leur produit était "fait pour améliorer la myopie, le presbitie, l'astigmatisme et la fatigue visuelle". Une page, par exemple, se lit comme suit:

C'est très simple, réellement. Si vous ne faites pas d'exercice vous allez avoir des muscles plus faibles, ok? Alors, il y a des muscles à l'extérieur et à l'intérieur de vos yeux aussi. Quand ils deviennent plus faibles -- due aux lunettes ou à des lentilles cornéennes, du travail de près comme la lecture ou être devant un ordinateur, ou simplement le processus de vieillissement lui-même-- votre vision va en souffrir. En renforçant vos muscles oculaires, les techniques de See Clearly Mewthod aident à améliorer votre vision [20].

En 2005, le Iowa Attorney General a poursuivi la VIT et ses dirigeants de faire de déclarations erronnées et d'avoir négligé de faire des remises aux clients qui se sont procuré le kit See Clearly Method [21]. en 2006, le cas a été réglé suite à une entente de consentement par lequel les défendants auraient admis aucune faute mais étaient ordonnés de cesser la vente du produit au Iowa et de payer $200 000 en restitution et $20 000 au fond de fraude du consommateur de l'état [22].

Diagnostic douteux

L'iridologie est basée sur l'hypothèse étrange suivant laquelle chaque partie du corps est représentée par une zone correspondante dans l'iris de l'oeil (la partie colorée autour de la pupille). Selon cette idée, l'état de santé ou la maladie peut être diagnostiquée à partir de la couleur, de la texture, et de la location de taches de pigment dans l'oeil. Les praticiens de l'iridologie affirment être capables de diagnostiquer des "désiquilibres" qui peuvent être traités avec des vitamines, minéraux, herbes médicinales, et produits semblables. Certains notent que les signes oculaires peuvent révéler une histoire complète de maladies antérieures ainsi que des traitements déjà reçus.

La plupart des pratiquants d'iridologie sont des chiropracticiens et naturopathes, mais les laïques qui sont 'conseillers en nutrition' sont aussi impliqués. Bernard Jensen, D.C., l'iridologue américain le plus connu, déclare que "la nature nous a procuré un écran de télévision minature qui nous montre les parties les plus éloignées de notre organisme par le biais des réponses nerveuses réflèxes." Il prétend aussi que les analyses de l'iridologie sont plus fiables et "offrent beaucoup plus d'information au sujet de l'état de notre organisme que les examens de la médecine occidentale." Toutefois, dans deux grandes études, Jensen et sept autres iridologues éminents ne pouvaient pas distinguer entre les patients qui présentaient des maladies rénales ou de vésicule biliaire et ceux qui étaient en bonne santé. Ils n'étaitent non plus d'accord entre eux au sujet de qui avait quoi [23,24]. Cela n'est pas surprenant, parce qu'il n'y aucun moyen connu de savoir si les différents organes puissent être représentés dans des sites spécifiques de l'iris.

Autres méthodes non prouvées

Faire une pression sur les globes oculaires ou sur les os environnants a toujours été un favori perannuel pour une foule de maladies oculaires. John Quincy Adams a déjà écrit sur le sujet déclarant que cette méthode pourrait redonner la "convexité de la jeunesse" et éliminer le besoin de lunettes pour la lecture. Des petites "pierres oculaires" plaçées sous les paupières étaient populaires jusqu'aux années 1900s. Les chiros qui utilisent la "craniopathie" ou la "technique d'organisation neurale" prétendent que la vision et la coordiantion visuelle peuvent être améliorées par la manipulations (l'ajustement) des yeux et du crâne. Des gadgets courants incluent le "Natural Eye Normalizer" pour le massage des paupières, et un sac pneumatque qu'on doit placer sur la tête pour guérir tout problème visuel.

L'emploi de couleurs pour traiter des conditions variées, incluant celles affectant les yeux, a été favorisé pendant des années. Edwin Babbit a popularisé l'utilisation de lumières colorées dans son livre The Principles of Light and Color: The Healing Power of Color

publié en 1878. La pratique d'aujourd'hui de "syntocics" -  aussi applée "photoretinologie" - a évolué de ces théories. Ses partisans utilisent des appareils coûteux qui dirigent des pulsations de lumières colorées dans les yeux, prétendent guérir des erreurs optiques, des problèmes de coordination oculaire, et même des conditions courantes de santé! Il n'y a aucune évidence scientifique qui peut appuyer ces promesses.

Une autre approche impliquant la couleur a été popularisée par Helen Irlen, une conseillère en mariage, famille et enfants, qui a paru au programme de TV "60 Minutes". Elle a établi plus de 2 000 franchises et cliniques à travers les États-Unis depuis 1983. Elle prétend que le "syndrôme de sensibilité scotopique" est la cause majeure de problèmes d'apprentissage et affecte 65% des ceux qui ont des problème de lecture (dyslexie), et peuvent être rémédiés en portant des lunettes colorées. Son diagnostic et traitement recommandés peuvent coûter plus de $500. Je ne crois pas que la théorie d'Irlen ou ses taux de succès prétendus aient été scientifiquement corroborés, une position aussi appuyée par l'American Optometric Association [25]. Malgré reportage de plusieurs de ses études sur sa méthode, plusieurs auraient des lacunes méthodologiques comme l'absence d'un groupe contrôle et les résultats ne sont pas un consensus clair [26-28]. Une étude aurait trouvé que "la couleur du cristallin de l'oeil n'était pas un facteur diagnostique" ce qui était important était la réduction du contraste [29]. Le peu de fiabilité du test et re-test a été rapportée ce qui soulevait des questions au sujet des méthodes de diagnostic [30]. Une autre étude rapporte une augmentation dans la compréhension mais non dans la vitesse de la lecture [31]. Une autre rapporte des gains modestes pour les deux (12% dans la vitesse et 7% dans la compréhension) avec les revêtements colorés [32], et une autre étude bien structurée n'aurait pas donné de changement dans la vitesse, la précision ou la compréhension [33]. Plusieurs études suggèrent que les revêtements peu coûteux d'un ton bleu pourrait être bénéfiques [33,34]. Toutefois, une étude plus récente n'a pas démontré d'amélioration dans la vitesse ou la compréhension avec ces filtres bleus [35].Quelques études questionnent la prévalence du "syndrôme de sensibilité scotopique" quand d'autres facteurs sont éliminés [36,37].

Dans l'ensemble, ces études indiquent que moins de 5% des lecteurs qui présentent de l'inconfort bénéficient d'un changement dans le contraste, l'intensité de la lumière ou la couleur sur la page au delà de ce qu'on pourrait s'attendre d'un traitement par placébo seul. Rappelez-vous que même si un traitement rend le texte plus confortable à regarder, l'instruction appropriée est malgré cela nécessaire pour améliorer l'habilité de lire.

Plusieurs entrepreneurs ont vendu des lunettes "pyramid" ou "pinhole" (trou d'aiguille) faites de matériel opaque avec multiples fentes ou perforations. La "technologie" impliquée est connue depuis des siècles et a été utilisée avant l'invention des lunettes de verre. La lumière qui passe à travers un petit trou (des trous) est limitée aux rayons venant directement de l'objet visualisé; ces rayons n'ont pas besoin d'être fixés pour les faire arriver à un point. Les promoteurs modernes maintiennent que leurs produits sont meilleurs que les lentilles conventionnelles. En réalité, les deux réduisent le travail de faire la mise au pointe durant la lecture, mais les lunettes avec petites perforations sont moins utiles parce qu'elles limitent le contrast, la lueur, et le champs de vision [38]. Portées comme lunettes de soleil, elles peuvent causer du dommage parce que les perforations laissent pénétrer des rayons ultraviolets dans les yeux.

Démarches de règlementation

En 1992, l'Attorney General du Missouri a réussi à obtenir une injonction de consentement et à pénaliser d'un montant totalisant $20 000 une compagnie de New York qui vendait des "lunettes aérobiques." Ces lunettes, qui se vendaient $19.95 en plus des frais de poste et livraison, avaient des lentilles de plastique noires avec des petites perforations. Les annonces de la compagnie maintenaient faussement que leurs "Aerobic Training Eyeglass System exerçait et relaxait les muscles oculaires par le biais des perforations "d'oeil d'aiguille" dessinées scientifiquement et espacées de telle façon qu'elles changent la manière que la lumière atteint les yeux." La compagnie avait aussi fait des réclâmes que le port de ces lunettes à la longue et les exercices devraient permettre aux porteurs de revenir à des lentilles de force plus basse et réduire le besoin de doubles ou triples foyers.

En 1997, la FTC a obtenu une entente de consentement banissant les déclarations que les optométristes faisaient pour des gadgets orthokeratologiques et des services de "Precise Corneal Moding" ("PCM") , qui impliquaient l'emploi d'une série de lentilles cornéennes qui supposément devaient restructurer la cornée graduellement dans le traitement de la myopie, la presbitie et l'astigmatisme. Il n'existe aucun appareil qui va changer la structure de la cornée.

En 1997, Richard C.Davis, M.D., a lancé le RheoTherapyCenters of Tampa Bay, en Floride (une filiale de OccuLogix Corp.) qui offrait un traitement "revolutionnaire" de la dérénérescence maculaire reliée au vieillissement (AMD). L'AMD est une maladie dans laquelle des changements pathologiques donnent lieu à une perte ou réduction de la vision centrale. Elle est la cause majeure de perte de la vision chez les personnes âgées. La coagulation au laser peut ralentir la progression de la maladie, mais il n'y a pas de guérison. Occulogix a fait de la publicité que la rheothérapie "enlevait les protéines toxiques et les substances graisseuses " du sang, améliorant la circulation sanguine à la macula; et un video clinique déclarait que la rheothérapie a été démontrée comme étant efficace chez la majorité des patients présentant la dégérescence maculaire. Quelques mois plus tard, le Florida Board of Medicine concluait que (a) ces déclarations n'étaient pas corroborées, (b) la procédure n'était qu' "expérimentale", et (c) la pratique de Davis représentait "un immédiat et sérieux danger à la santé, la sécurité et bien-être de la population." [39] Toutefois, pendant que le Board poursuivait son investigation, Davis a été permis de continuer à offrir le traitement du moment que les patients étaient informés qu'il était qu'expérimental. En 1999, RheoTherapy Centers a fermé ses portes et Davis a signé une entente de consentement avec le Board par lequel il consentait de: (a) payer une amande administrative de $10 000, (b) faire un travail de service à la communauté de 50 heures, et (c) de ne plus fournir d'apheresis ou autre service clinique pour l'AMD (sauf dans le contexte d'une étude clinique approuvée par la FDA) à moins que ou jusqu'au moment où tel traitement soit approuvé par la FDA [40]. OccuLogix Corporation a abandonné l'appellation "rheothérapie"; elle subventionne une étude clinique approuvée par la FDA d'un processus de filtration plasmatique qu'elle appelle "Rheopheresis", qui diffère de la procédure que Davis utilisait.

Restez avec les traitments prouvés

Il existe une méthode rationnelle d'entraînement et d'exercices visuels -- l'orthoptique -- faits sous la directions d'optométristes et supervision médicale pour corriger la coordination ou problèmes de vision binoculaire comme le "strabisme" et les yeux "paresseux" (l'amblyopie.) Si les muscles qui contrôlent les mouvements des yeux ne sont pas en équilibre, la fonction d'un oeil peut être supprimée pour éviter la double vision. (L'oeil supprimé est appelé l'oeil "amblyopique.") En couvrant le bon oeil souvent va stimuler l'oeil amblyopique pour lui redonner sa fonction normale et donner au patient une vision binoculaire. L'orthoptique, la chirurgie, ou la combinaison des deux souvent peut améliorer les problèmes dans la fixation et la mise au point des yeux dues à des difficultés de contrôle musculaire.

N'oubliez-pas: aucun exercice visuel peut améliorer une errer de réfraction ou guérir toute condition du globe oculaire ou d'autres parties de l'organisme. Si vous considérez un programme d'entraînement visuel, demandez un rapport écrit détaillant le problème, le plan du traitement proposé, un estimé du temps et du coût impliqués, et le pronostic. Si le plan ne vise pas un problème visuel spécifique (comme l'amblyopie), ou s'il inclut une vague promesse comme l'amélioration du QI, oubliez-le. Si vous n'êtes pas sûr quoi faire, demandez une deuxième opinion, préférablement d'un pratiquant affilié à une université.

 

Rééerences

1. Pollack P. The Truth about Eye Exercises. Philadelphia: Chilton Co., 1956, Chapter 3.
2. Kavale K, Mattson PD. "One jumped off the balance beam": Meta-analysis of Perceptual-motor Training. Journal of Learning Disabilities 16:165-174, 1983.
3. Keogh BK and Pelland, M. Vision training revisited. Journal of Learning Disabilities 18:228-235, 1985.
4. Koller H. Is vision therapy quackery. Review of Ophthalmology March:38-49, 1998.
5. Barrett BT. A critical evaluation of the evidence supporting the practice of behavioural vision therapy. Ophthalmic & Physiologic Optics 29: 4–25, 2009.
6. Solan HA. In support of vision therapy. Review of Ophthalmology March:44-45, 1998.
7. Keech RV. Symposium: Near vision and reading disorders. American Orthoptic Journal 49:1-47, 1999.
8. Conversion Insufficienty Treatment Trial Study Group. Randomized trial of treatments for symptomatic conversion insufficiency in children. Archives of Ophthalmology 126:1336-1349, 2008.
9. Wallace DK. Treatment options for symptomatic conversion insufficiency. Archives of Ophthalmology 126:1455-1146, 2008.
10. Adams MJ. Beginning to Read: Thinking and Learning about Print. Cambridge: MIT Press, 1994.
11. McGuinness D. A Scientific Revolution in Reading: Why Our Children Can't Read. New York: Simon & Schuster, 1999.
12. Shaywitz SE. Dyslexia. Scientific American Nov: 98-104, 1996.
13. Richardson SO. Historical perspectives on dyslexia. Journal of Learning Disabilities 25:40-47, 1992.
14. Worrall RS. Reading disability: a discussion of visual, auditory and linguistic factors. Journal of the American Optometric Association 57:60-64, 1986.
15. Worrall RS. Detecting health fraud in the field of learning disabilities. Journal of Learning Disabilities 23:207-212, 1990.
16. Berstein AL. Could you succeed in this specialty? Review of Optometry, March: 23-24, 1988.
17. Calef T and others. Comparisons of eye movements before and after a speed-reading course. Journal of the American Optometric Association 70:60-64, 1999.
18. Peters, HB. The influence of orthoptic training on reading ability. Archives of the Amerian Academy of Optometry 19:95-176, 1942.
19. Beresford SM, Muris D. Letter to Russell S. Worrall, O.D., Nov 30, 2006.
20. See Clearly Method home page, archived Feb 2, 2002.
21. Barrett S. Iowa Attorney General sues"See Clearly" marketers for fraud. Quackwatch, April 3, 2006.
22. Consent judgment. State of Iowa v. Vision Improvement technologies, Cliff Rose, David E. Sykes, David W. Muris, and Gary Korf. Equity No. CE51687, Filed Nov 6, 2006.
23. Simon A and others. An evaluation of iridology. JAMA 242:1385 1387, 1979.
24. Knipschild P. Looking for gall bladder disease in the patient's iris. British Medical Journal 297:1578 1581, 1988.
25. Williams GJ and others. The use of tinted lenses and colored overlays for the treatment of dyslexia and other related reading disorders. American Optometric Association, April 2004.
26. Bowd AD, O’Sullivan J. Seeing the world through rose colored glasses. Skeptical Inquirer July/August : 47-50, 2004.
27. Robinson GL. Coloured lenses and reading: A review of research into reading achievement, reading strategies and causal mechanisms. Australian Journal of Special Education 18(1):3-14, 1994.
28. Cardinal DN, Griffin JR, Christenson GN. Do tinted lenses really help students with reading disabilities? Intervention in School and Clinic 28:275-279, 1993.
29. Spafford CS and others. Contrast sensitivity differences between proficient and disabled readers using colored filters. Journal of Learning Disabilities 28:240-252, 1995.
30. Woerz M, Maples WC. Test-retest reliability of colored filter testing. Journal of Learning Disabilities 30:214-221, 1997.
31. Robinson GL, Foreman, PJ. Scotopic Sensitivity/Irlen Syndrome and the use of coloured filters: A long-term placebo controlled and masked study of reading achievement and perception ability. Perceptual Motor Skills, 89:83-113, 1999.
32. Williams MC, LeCluyse K, Rock-Faucheux A. Effective intervention for reading disability. Journal of the American Optometric Association 63:411-417, 1992.
33. Gole GA and others. Tinted lenses and dyslexia—A controlled study. Australian and New Zealand Journal of Ophthalmology 17:137-141, 1989.
34. Solan HA and others. Eye movement efficiency in normal and reading disabled elementary school children: effects of varying luminance and wavelength. Journal of the American Optometric Association 69:455-464, 1998.
35. Christenson GN and others. Failure of blue-tinted lenses to change reading scores of dyslexic individuals. Optometry 72:627-634, 2001.
36. McNamara R. Detecting children who will benefit from treatment in an orthoptic clinic for specific learning difficulties. British Orthoptic Journal 56:22-30, 1999.
37. Scheiman M and others. Vision characteristics of individuals identified as Irlen Filter candidates. Journal of the American Optometric Association 61:600-605, 1990.
38. Wittenberg S. Pinhole eyewear systems: A special report. Journal of the American Optometric Association 64:112-116, 1993.
39. State of Florida Department of Health. In re: Emergency restriction of the license of Richard Clair Davis, Jr., M.D., Case No. 97-13662, filed Jan 27, 1998.
40. Consent agreement. Florida Department v. Richard Clair Davis, Jr., M.D. Signed July 1, 1999.
 
 
 
____________________
 
 
 
 

This article was updated and expanded from a corresponding chapter in The Health Robbers: A Close Look at Quackery in America. Dr. Worrall, who practices optometry in Colfax, California, is assistant clinical professor at the School of Optometry, University of California, Berkeley, and is a board member of the National Council Against Health Fraud. Dr. Nevyas, now deceased, taught biochemistry at the Pennsylvania College of Optometry and edited scientific publications. The sections on iridology and regulatory actions were added by Dr. Barrett.

This article was revised on April 22, 2009.

_______________

Cet article a été mis-à-jour et élaboré d'un chapitre correspondant dans The Health Robbers: A Close Look at Quackery in America. Dr. Worrall, qui pratique l'optométrie à Colfax, en Californie, est professeur assistant de clinique à School of Optometry, University of California, Berkeley, et membre de conseil de National Council Against Health Fraud. Dr. Nevyas, maintenant décédé, a enseigné la biochimie à Pennsylvania College of Optometry et était éditeur de publications scientifiques. Les sections sur l'iridologie et les démarches régulatoires ont été ajoutées par le Dr Barrett.

Cet article a été revisé le 22 avril, 2009. La truduction mise à jour le 6 déc. 2009.

Retour à la page d'accueil