Analyse commerciale des cheveux: un signe flagrant de charlatanisme

 

Stephen Barrett, M.D.

L'analyse des cheveux (ou analyse capillaire) est un test qui consiste à prélever un échantillon des cheveux du patient -- typiquement de la nuque -- et l'envoyer à un laboratoire pour évaluer son contenu en minéraux. Cette discussion concerne l'analyse multi-élémentale des cheveux dans laquelle un test unique est utilisé pour déterminer des valeurs pour plusieurs minéraux simultanément. Ce type d'analyse est employé par les chiropracticiens, des "consultants en nutrition," des médecins qui font des traitements par chélation, et aussi par d'autres pratiquants douteux qui maintiennent que leurs analyses des cheveux peuvent les aider à diagnostiquer une grande variété de maladies et aussi comme base pour prescrire des suppléments diététiques.

Analyse des déclarations des adeptes

Doctor's Data, situé à St. Charles, Illinois, semble être le leader dans son marketing. Son site Web déclare que "L'analyse élémentaire des cheveux est un outil valable et peu coûteux de l'évaluation de l'excès, de la déficience ou mauvaise distribution des éléments. Elle devrait être considérée comme un test unique de diagnostic de la fonction essentielle des éléments, et devrait être utilisée conjointement avec les symptômes et autres résultats de laboratoire du patient. " [1]

Biochemical Laboratories, d'Edgewood, à New Mexico, déclarait que la douleur abdominale, l'hypertension, l'anémie, l'hypoglycémie, l'anxiété, l'impuissance, la dépression, l'infertilité, la diarrhée, les douleurs des jointures, l'apprentissage, les désordres, la fatigue, les maux de tête et le syndrôme pré-menstruel sont le résultat de "désiquilibres chroniques de métaux," qui, selon eux, peuvent être diagnostiqués par l'analyse capillaire et traités avec des suppléments diététiques.

Trace Elements, Inc. de Dallas, au Texas, a fait la promotion de "l'équilibre de la chimie de l'organisme par le biais de l'analyse capillaire des minéraux tissulaires." La  compagnie prétent avoir développé "une approche thérapeutique nutritionnelle précise basée sur la reconnaissance de huit types individuels biochimiques utlisant l'analyse élémentaire capillaire." Elle a aussi vendu des "suppléments métaboliques synergiquement formulés" pour chacun de ces types. Le marché est fait surtout par les chiros.

Trace Mineral Systems, d'Alexandria en Virginie, annonçait son analyse capillaire comme "une analyse en aide à la chimie de l'organisme" et le vendait directement à la population. Une annonce dans un magazine de 1998 déclarait que les résultats de leur analyse démontraient "les excès de l'organisme, les déficiences et toxicités et les maladies reliées." [2]

Les faits scientifiques

Les adeptes de l'analyse capillaire maintiennent qu'elle est utile pour évaluer l'état général de nutrition et de la santé d'une personne, et valable pour détecter la prédisposition à la maladie. Ils maintiennent aussi que l'analyse capillaire permet au médecin de déterminer si une déficience en minéraux, un déséquilibre en minéraux ou l'existence de polluants de métaux lourds dans l'organisme ne pourrait pas être la cause des symptômes du patient. Ces déclarations sont fausses.

Pour ces raisons, l'analyse multi-élémentale des cheveux humains n'est pas une technique valable pour l'identification d'excès corporels courants ou de déficiences d'éléments essentiels ou non-essentiels d'un individu. Elle ne fournit pas non plus une base valable pour la recommandation de vitamines, minéraux, ou d'autres suppléments diététiques. [4,5]

Au milieu des années 1980, il y avait près de 18 laboratoires qui faisaient l'analyse des cheveux aux Etats-Unis. Aujourd'hui il y en a moins. Certains laboratoires appartenaient à l'American Society of Elemental Testing Laboratories (ASETL). En 1982, ASETL a commencé un programme dans lequel un service bien connu d'évaluation de compétence aurait reçu et formulé les données d'analyses d'échantillons identiques de cheveux envoyés à sept laboratoires membres. Toutefois, à la fin de l'année, le service d'analyse a refusé de continuer parce que les données n'étaient pas compatibles et semblaient avoir aucune signification clinique.

En 1983 et 1984, j'ai envoyé des échantillons de cheveux de deux adolescents en bonne santé à 13 des laboratoires commerciaux. [4] En 1985, j'ai envoyé des échantillons appareillés de cheveux d'une des filles à cinq autres laboratoires. Les niveaux rapportés de la plupart des minéraux variaient considérablement entre les échantillons identiques envoyés au même laboratoire, et d'un laboratoire à un autre. Les laboratoires aussi n'étaient pas d'accord sur ce qui était "normal" ou "usuel" pour beaucoup des minéraux, alors un élément était considéré bas par certains laboratoires, normal ou élevé pour d'autres. La plupart des rapports contenaient des interprétations informatisées qui étaient volumineuses et effrayantes potentiellement pour les patients. Les neuf laboratoires qui incluaient des conseils pour des suppléments dans leurs rapports les suggérant à chaque fois, mais le type et les quantités variaient largement d'un rapport à un autre et d'un laboratoire à l'autre. Plusieurs des items recommandés étaient des mélanges bizarres de vitamines, minéraux, substances alimentaires non-essentielles, enzymes, et extraits d'organes animaux. Un rapport diagnostiquait 23 "conditions possibles ou probables," incluant l'athérosclérose et l'insuffisance rénale, et recommandait 56 doses de suppléments par jour. La littérature de la plupart des laboratoires suggérait que leurs rapports étaient utiles dans le contrôle d'un grande variété de maladies et de supposés déséquilibres nutritionnels. J'ai conclu que l'usage commercial d'analyses capillaires de cette façon n'est pas scientifique, un gaspillage économique, et probablement illégal, et même si l'analyse capillaire était un outil de diagnostic valable, il est douteux que les rapports eux-mêmes soient fiables.

En 1985, le comité d'affaires publiques de l'American Institute of Nutrition/American Society for Clinical Nutrition a émis un document/position sur l'analyse capillaire. Le document a conclu que malgré que l'analyse capillaire puisse avoir une certaine valeur pour la comparaison de groupes de la population en ce qui a trait au statut de minéraux variés ou dans l'estimation de l'effet d'exposition à des métaux lourds, l'évaluation des patients semble faire face à des "difficultés presque insurmontables." Pour cette raison, le document notait, l'analyse capillaire devrait être réservé pour des études expérimentales structurées pour évaluer son potentiel comme indice de l'état nutritionnel et peut-être pour certaines enquêtes de santé publique. En soulignant que près de 100 articles par année sont publiés sur l'analyse capillaire, un nutritionniste qui a revu le document/position a suggéré que les limitations inhérentes de l'analyse rendent la grande partie de la recherche inutile. [7]

La politique courante de l'AMA sur l'analyse capillaire -- adoptée en 1984 et re-confirmée en 1994, est:

L'AMA s'oppose à l'analyse chimique des cheveux pour la détermination d'un besoin de traitement médical et appuie l'information de la population américaine ainsi que des agences gouvernementales appropriées de cette pratique non-prouvée et potentiellement frauduleuse [6].

Quelques adeptes de l'analyse capillaire prétendent qu'elle peut déceler des allergies Cette prétention n'a complètement aucun sens. En 1987, le Lancet  a publié une étude dans laquelle l'habilité de diagnostiquer une allergie a été étudiée chez 9 sujets allergique aux poissons et chez 9 sujets contrôles, qui ont contribué des échantillons de sang et de cheveux pour les analyses. Tous les sujets allergiques aux poissons avaient des tests d'allergie cutanés positifs aux poissons faits au Guy's Hospital. Les échantillons ont été codés et des copies ont été envoyées à 5 labroratoires commerciaux qui offraient des tests pour l'allergie. Les cinq laboratoires n'étaient non seulement incapables de diagnostiquer l'allergie aux poissons, mais ont rapporté plusieurs allergies chez les sujets du groupe contrôle non-allergique, et ont donné des résultats sur des copies d'échantillons provenant du même sujet [7]

La position actuelle de l'AMA sur l'analyse capillaire -- adoptée en 1984 et ré-affirmée en 1994, est:

L'AMA s'oppose à l'analyse capillaire comme une évaluation démontrant un besoin de thérapie médicale et appuit le besoin d'informer la population américaine et agences gouvernementales appropriées de cette pratique non prouvée et de son éventuel aspect de fraude de soins de santé [8].

Certains parisants de l'analyse capillaire prétendent que l'analyse capilaire puisse déceler des allergies. Cette déclaration est complèment absurde. En 1987, le Lancet publia une étude dans laquelle des échantillons de cheveux et sanguins ont été utilisés pour diagnostiquer l'allergie chez 9 sujets allergiques aux poissons et chez 9 contrôles. Les 9 patients allergiques ont eu des tests d'allergie positifs aux poissons au Guy's Hospital. Les échantillons ont été codés, des copies faites et envoyés à cinque différents laboratoires qui offraient l'analyse en question. Les cinqs laboratoires n'étaient non seulement pas en mesure de diagnostiquer l'allergie aux poissons, mais ont rapporté plusieurs allergies chez les contrôles et des résultats non consistants chez des échantillons du même sujet [9].

Une étude subséquente de 2 ans d'étudiants exposés à la fumée de soudure aurait trouvé que l'analyse des cheveux n'a pas reflété de façon régulière le taux sanguin d'onze métaux lourds [10].

En 1999, des chercheurs du California Department of Health ont localisé neuf laboratoires et ont envoyé des échantillons identiques à six d'eux. Les niveaux des minéraux rapportés, la supposée signification des résultats, et les recommandations faites dans les rapports étaient différents d'un à l'autre laboratoire. Les chercheurs ont conclu que la procédure continue à ne pas être fiable et ont recommandé que des agences gouvernementales agissent vigoureusement pour protéger le consommateur [9]. Un éditorial qui était joint au rapport dans le JAMA a fourni de l'information additionnelle pourquoi l'analyse capillaire ne peut pas donner de base fiable au "conseillage nutritionnel." [12]

En 2001, des chercheurs allemands ont fait une étude semblable à la mienne en envoyant des échantillons de cheveux de deux volontaires à sept laboratoires commerciaux demandant de faire une analyse capillaire. Ils ont trouvé des différences dans les résultats ainsi que dans les marges de référence des laboratoires et ont conclu que "l'analyse minérale des cheveux faite dans ces laboratoires n'était pas fiable." [13]

Les compagnies d'assurance ne couvrent consciemment l'utilisation de l'analyse capillaire pour but nutritionnel. La Aetna, par exemple, considère l'analyse capillaire chimique comme "expérimentale et investigationnelle, sauf pour le diagnostic d'empoisonnement soupçonné chronique par l'arsenic." [12] CIGNA ne couvre pas l'analyse pour aucune raison [13]. Une revue récente aurait conclu que déterminer le contenu d'arsenic dans les cheveux et les ongles était le plus utile lorsque faite dans des études épidémiologiques pour évaluer l'exposition environnementale de la population à l'arsenic inorganique mais moins utile dans l'évaluation d'une personne en particlier [16].

Doctor's Data rapporte le taux d'un "minereau toxique" comme élevé lorsque le montant est près du maximum de leur "marge de référence." Cela simplement signifie que l'échantillon contenait plus que la majorité d'autres échantillons évalués par le laboratoire. Ce n'est pas nécessairement un taux anormal ou que le taux soit dangereux. Dans une publication de 1998, la compagnie reconnaissait que "comparé à l'interprétation d'analyses sanguines couramment faites, l'interprétation des analyses élémentaires des cheveux semble primitive." Malgré cela, les auteurs déclarent qu'il serait prudent "d'adopter une marge de référence qui serait équivalente à ce qui est observé dans 95% de la population en bonne santé." [17]

Interventions du gouvernement

L'analyse capillaire a été impliquée dans une cause qui a eu lieu en 1980, poursuite par le Los Angeles City Attorney's Office. Selon le tiré de presse officiel, Benjamin Colimore et son épouse, Sarah, propriétaires d'un magasin d'aliments naturels, prenaient des échantillons de cheveux de leurs clients dans le but de diagnostiquer et traiter des conditions variées. L'accusation a été initiée suite à une plainte d'une cliente que les Colimore auraient dit qu'elle avait une valvule cardiaque malade et qu'elle souffrait d'abcès du pancréas, qu'elle avait de l'arsenic dans son système, et des tumeurs bénignes dans le foie, les intestins, et l'estomac, tous basés sur l'analyse de ses cheveux. Deux substances ont été prescrites, une "tisane" qui s'est avérée être que du sucre de lait, et "Arsenicum," un autre produit à base de sucre de lait qui contenait des traces d'arsenic. Un autre échantillon de cheveux a été prélevé quand la cliente est retourné au magasin cinq semaines plus tard. On lui aurait dit que les conditions antérieures étaient parties, mais qu'à ce moment-là elle avait du plomb dans son estomac. Un investigateur du gouvernement a reçu un diagnostic et traitement semblable. Après avoir plaidé "sans contestation" (no contest) à la charge de "pratique médicale sans permis," les Colimore ont payé une amende de 2 000$, 60 jours d'emprisonnement annulé, et placés en probation pour 2 ans.

En 1985, en réponse à une pétition par le Federal Trade Commission (FTC), un juge de la cour fédérale a émis une injection permanente contre Arthur, Ethel et Alan Furman et toute entreprise par laquelle ils pouvaient agir. L'ordre les empêche de se "prendre pour des personnes . . . autres que des professionnels de la santé, comme étant capables, sur la base d'analyse capillaire, de mesurer de façon précise le contenu élémental de l'organisme ou de recommander des vitamines, minéraux ou autres suppléments diététiques dans le but de corriger des excès chimiques ou déficiences corporelles d'un individu." [18] Comme résultat de cette action de la FTC, le laboratoire des Furman a fermé ses portes et peu de laboratoires aujourd'hui annoncent directement à la population. La FTC n'a pas poursuivi les autres parce qu'elle croyait que la conduite inappropriée des pratiquants devait être réglementée par des agences de l'état.

En 1986, l'Analytical Research Laboratories (ARL) de Phoenix, Arizona a signé une entente de consentement avec le New York State Attorney General pour arrêter la "sollicitation et l'acceptation d'échantillons de cheveux pour examen de laboratoire pour déterminer les excès ou déficiences de minéraux nutritifs ou des niveaux toxiques de métaux dans l'organisme." L'Attorney General a agi parce qu'un propriétaire d'un magasin d'aliments naturels utilisait l'analyse capillaire dans le but de recommander des suppléments vitaminiques ou de minéraux. L'ARL n'était pas licencié pour opérer dans l'état de New York, et l'analyse capillaire dans le but mentionné n'y est pas permise.

En 1986, Doctor's Data, un laboratoire basé à Chicago a accepté de cesser de faire l'analyse d'échantillons de cheveux provenant de l'état de New York, à moins d'avoir un permis du New York State Department of Health [19]. La compagnie aussi a accepté de payer 25 000$ en coûts et pénalités [20]. Une action a été prise parce qu'un "faux expert en nutrition" utilisait l'analyse capillaire encore dans le but de prescrire des vitamines, minéraux et autres suppléments.

Effets négatifs communautaires

L'analyse capillaire a aidé à augmenter des controverses dans au moins deux communautés. Durant les années '60s et '70s, une  compagnie qui faisait de l'enrobage de chrome s'est défait de ses déchets dans un lac avoisinant à Clark's Summit en Pennsylvanie. Des mesures correctives ont été entreprises, et les agences de l'état et fédérales ont fait plusieurs études pour déterminer s'il y a eu contamination de l'eau potable [21]. Toutefois, les craintes communautaires ont été soulevées lorsqu'un thérapeute par chélation (se basant sur des analyses capillaires) aurait faussement diagnostiqué quelques résidents de "toxicité au chrome" et recommandé la thérapie par chélation. Les rapports dans les médias ont semé une crainte importante chez la population, et l'avocat d'Erin Brokovich a sérieusement songé à présenter une plainte. En 2000, le sénateur Arlen Specter (R-PA) aurait demandé aux représentants fédéraux de subentionner une rencontre municipale pour fins d'information scientifique. Tout juste avant la rencontre j'ai eu l'occasion d'examiner trois analyses capillaires faites par Doctor's Data. Un résultat montrait un taux "élevé" d'antimoine, un autre un taux "élevé" de plomb et d'étain, un troisième un taux "élevé" d'antimoine et de bismuth, et les trois rapportaient une "représentation toxique totale" au dessus de la normale. À la rencontre, des représentants de la santé publique ont décrit leurs études. Le Dr Robert S. Baratz a assuré l'auditoire qu'il n'y avait aucun risque relié au chrome et qu'il n'acceptait pas l'analyse capillaire ou la thérapie de chélation. Nos efforts d'éducation ont réussi à calmer les craintes de la communauté.

En 2001, en réaction de cette contraverse, la Agency for Toxic Substances and Disease Registry (ATSDR) a demandé à un comité d'expert de se prononcer sur la valeur de l'analyse capillaire. Le comité a conclu:

Avant que l'analyse capillaire puisse être considérée comme un outil valable pour une substance quelconque, une recherche additionnelle est nécessaire pour établir des marges de référence meilleures, pour comprendre davantage la biologie et pharmacokinétiques des cheveux, et évaluer les liens doses-réactions, et établir si les cheveux puissent être utilisés comme outil diagnostique de maladies plus que d'autres critères biologiques (e.g. sang ou urine), et pour apprendre davantage sur les composés organiques des cheveux [22].

En 2008, le chef pompier de Boca Raton, en Floride, John Luca, souffrant de symptômes neurologiques non-expliqués, a consulté Leonard Haimes, M.D., un partisan de la thérapie par chélation qui a envoyé un échantillon de ses cheveux à Doctor's Data pour analyse. Lorsque le test a révélé un tau élevé d'antimoine, l'union des pompiers aurait encouragé les membres de subir des analyses capillaires et 29 d'eux l'ont fait. Les rapports ont conclu que tous avaient un taux d'antimoine élevé au delà de la marge de référence. Vingt-trois des pompiers ont eu des analyses d'urine pour des "métaux toxiques" et ils avaient tous un taux élevé de meercure. Parce que les uniformes des pompiers sont fait utilisant des oxides d'antimoine, plusieurs des pompiers ont conclu que leurs uniformes étaient responsables des résultats des tests - 80% des pompiers ont fait des déclarations pour compensation. Cela a fait sensation dans les médias.

En  octobre, 2008, Luca a demandé au U.S. Centers for Disease Control and Prevention (CDC) une investigation. Après avoir questionné les pompiers, les investigateurs CDC ont demandé des tests d'urine appropriés et les ont comparé à des résultats d'analyses semblables chez d'autres groupes de pompiers dont certains utilisaient les mêmes uniformes ou non. Les résultats étaient semblables chez tous les groupes et montraient des taux d'antimoine même inférieurs à ceux de la population générale. Les investigateurs ont conclu que les uniformes en question ne causaient aucun problème de santé et que les tests d'urine et capillaires étaient complètement absurdes [23-25]. Un rapport -- intitulé de façon approprié "Pseudo- outbreak of antimony toxicity in firefighters" -- a critiqué l'analyse capillaire de cette façon:

Cette investigation souligne l'importance d'utiliser des méthodes valables pour déterminer la toxicité. Le test d'urine est l'analyse la plus fiable pour déterminer des concentrations d'antimoine. La décision d'entreprendre des analyses de laboratoire pour les métaux lourds doit être basée sur les symptômes survenant lors de toxicité par ces métaux et si une exposition existe réellement. L'analyse capillaire n'est pas fiable ou valable pour mesurer le taux des métaux lourds dans l'organisme (sauf pour le methylmercure) et ne peut prédire une toxicité. Des normes sur les méthodes d'échantillonage des cheveux, l'entretien et l'analyse n'existent pas. Il n'y a aucune règle ou certification de laboratoires qui font ces analyses. Des laboratoires différents ont rapporté des résultats différents des analyses faites sur le même sujet. Ils ont des marges de références différentes. Les analyses capillaires ne peuvent pas distinguer entre l'exposition interne ou externe. Ces éléments rendent les résultats de l'analyse capillaire non interprétables [25].

 

Après l'investigation CDC, la plupart des pompiers de Boca Raton ont été rassurés et ont retiré leurs demandes de compensation. Toutefois les dommages pécuniers et émotionnels des participants étaient considérables. Au moins 30  pompiers ont déboursé 500$ chacun pour leurs analyses inutiles faites par le Dr Haimes....

 

Conclusion

L'analyse capillaire n'a aucune valeur pour estimer le statut nutritionnel de l'organisme ou comme base de recommandations diététiques ou de suppléments. Si vous rencontrez un pratiquant qui croit autrement, partez immédiatement et faites une plainte à votre 'state attorney general'.

Pour information additionnelle

 

Références

1. Doctor's Data Web site, accessed July 28, 2010.

2. Trace Mineral Systems. Alternative Medicine Digest, Aug/Sept 1998, p 99.

3. Lazar P. Hair analysis: What does it tell us? JAMA 229:1908-1909, 1974.

4. Hambidge KM. Hair analyses: Worthless for vitamins, limited for minerals. American Journal of Clinical Nutrition 36:943-949, 1983.
5. Klevay LM and others. Hair analysis in clinical and experimental medicine. American Journal of Clinical Nutrition 46:233-236, 1987.
6. Barrett S. Commercial hair analysis: Science or scam? JAMA 254:1041-1045, 1985.
7. Fosmire GJ et al. Hair analysis to assess nutritional status. AIN Nutrition Notes 21(4):10-11, 1985.
8. Hair analysis: A potential for medical abuse. Policy number H-175.995,(Sub. Res. 67, I-  84; Reaffirmed by CLRPD Rep. 3 - I-94)
9. Sethi TJ and others. How reliable are commercial allergy tests? Lancet Jan 10;1(8524):92-94, 1987.

10. Teresa M and others. Trace-element concentration in blood and hair of young apprentices of a technical-professional school. The Science of the Total Environment 205:189-193, 1997.

11. Seidel S and others. Assessment of commercial laboratories performing hair mineral analysis. JAMA 285:67-72, 2001

12. Steindel SJ, Howanitz PJ. The uncertainty of hair analysis for trace minerals. JAMA 285:83-85, 1999.

13. Drasch G, Roider G. Assessment of hair mineral analysis commercially offered in Germany. Journal of Trace Elements in Medical Biology 16:27-31, 2002.
14. Aetna clinical policy bulletin on hair analysis. Revised June 17, 2008.
15. CIGNA HealthCare coverage position statement: Chemical hair analysis. Revised Feb 15, 2008.
16. Goldman RH. Arsenic exposure and poisoning. Waltham, MA: UpToDate, 2008.

17. Druyan ME and others. Determination of reference ranges for elements in human scalp hair. Biological Trace Element Research 62:183-197, 1998.
18. FTC v Furman, 1985-1 CCH Trade Case (CCH) ¶66486 (ED Va 1985).
19. Consent judgment. New York v Doctor's Data Laboratories, Index No. 42127/85, filed Oct 16, 1986.
20. Stipulation and judgment. New York v Doctor's Data Laboratories, Index No. 42130/85, filed Oct 16, 1986.

21. Pa. Dept. of Health, Public Comment. Health consultation No 8. Past exposure to contaminated groudwater, surfacewater, soil, sediment, aire and answers to community questions. CERCLIS No. PAD052676631. ATSDR, Atlanta, Sept 7, 2000
22. Summary Report. Hair Analysis Panel Discussion: Exploring the State of the Science, June 12–13, 2001. Prepared for the Agency for Toxic Substances and Disease Registry, Division of Health Assessment and Consultation, and the Division of Health Education and Promotion. Prepared by the Eastern Research Group. Lexington, MA, Dec 2001.
23. dePerio MA, Durgam S. Evaluation of antimony and mercury exposure in firefighters. Health Hazard Evaluation Report HETA 2009-0025 and HETA 2009-0076-3085. National Institute for Occupational Safety and Health, June 2009.
24. dePerio MA and others. A health hazard evaluation of antimony exposure in fire fighters. Journal of Occupational and Environmental Medicine 52:81-84, 2010.
25. Pseudo-outbreak of antimony toxicity in firefighters --- Florida, 2009. MMWR 58:1300-1302, 2009.

 
 
 
Cet article a été mis à jour le 5 janv. 2001
Article révisé et corrections apportées par M Robert Lesage le 26 oct. 2005.
Mise à jour le 2 août, 2010. Traduction affichée le 8 janv. 2012.
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