L'acuponcture, le Qigong, et la "Médecine chinoise"
 
Stephen Barrett, M.D.
 
La "Médecine Chinoise," souvent appelée "médecine orientale" ou médecine chinoise traditionnelle, couvre un vaste territoire de pratiques médicales folkloriques basées sur le mysticisme. Elle maintient que l'énergie vitale de l'organisme (chi ou qi) circule à travers 14 canaux, appelés méridiens, qui sont reliés aux organes et à des fonctions vitales. La maladie est attribuée à un déséquilibre ou interruption du chi. Les pratiques anciennes comme l'acuponcture, le Qigong et l'utilisation d'herbes variées corrigeraient ce déséquilibre.
 
L'acuponcture traditionnelle, comme elle est pratiquée aujourd'hui, consiste à insérer des aiguilles d'acier inoxydable dans différentes parties du corps. Un courant électrique de basse fréquence peut être appliqué aux aiguilles afin de produire une stimulation additionnelle. D'autres procédures peuvent être utilisées séparément ou conjointement avec l'acuponcture. À ce chapitre, on compte surtout: la moxibustion (on brûle des herbes qui sont ensuite appliquées sur la peau), l'injection d'eau stérile, de procaïne, morphine, vitamines, ou de solutions homéopathiques à travers les aiguilles. On compte aussi l'application de rayons laser (laserponcture); le placement des aiguilles dans les pavillons d'oreilles (auriculothérapie); et l'acupression (la pression manuelle). Le traitement est fait sur des "points d'acuponcture" qui sont localisés partout sur le corps. Originalement il y avait 365 de ces points, correspondant aux jours de l'année, mais le nombre identifié par les partisans pendant les derniers 2000 ans a augmenté graduellement à plus de 2000 [1]. Certains praticiens placent des aiguilles sur ou près le site de la maladie. D'autres choisissent des points selon les symptômes présentés. Dans l'acuponcture traditionnelle, on utilise une combinaison de points.

Le Qigong est aussi associé à l'influence du courant de "l'énergie vitale". Le Qigong interne combine la respiration profonde, la concentration, et des techniques de relaxation qui doivent être pratiquées par les personnes elles-mêmes. Le Qigong externe est pratiqué par des "maîtres du Qigong" qui affirment guérir une grande variété de maladies en utilisant l'énergie émise par le bout de leurs doigts. Toutefois, des investigations scientifiques conduites en Chine et portant sur ces maîtres du Qigong n'ont permis de trouver aucune preuve de pouvoirs paranormaux mais plutôt des preuves de duperies. Les enquêteurs ont observé, par exemple, qu'une patiente couchée sur une table à peu près à huit pieds du maître Qigong bougeait de façon rythmique ou se débattait pendant que le 'maître' faisait des mouvements avec ses mains. Pourtant, lorsqu'on plaçait la patiente dans une position où elle ne pouvait plus voir le maître, les mouvements ne correspondaient pas aux siens [2]. Le Falun gong, que la Chine a bani il y a plusieurs années, est une variante du Qigong. Elle prétend être "un mécanisme puissant de guérison, de soulagement de tension et d'améliorations de santé."

La plupart des acuponcteurs adoptent le concept chinois traditionnel de la santé et la maladie et considèrent l'acuponcture, les herbes médicinales, et pratiques reliées comme approches valables à toute maladie. D'autres rejettent l'approche traditionnelle et simplement maintiennent que l'acuponcture soit un moyen simple pour soulager la douleur. Le procédé diagnostique utilisé par les praticiens de la médecine chinoise traditionnelle peut inclure le questionnaire (histoire médicale, style de vie), observation (de la peau, langue, teint), l'écoute (des bruits respiratoires), et prendre le pouls. Six aspects du pouls apparemment reliés aux organes ou fonctions, sont vérifiés dans le but de déterminer quels méridiens seraient "déficients" dans le chi. (La médecine conventionnelle reconnaît qu'un pouls correspond à la pulsation cardiaque, et peut être pris au poignet, au cou, aux pieds et aussi à d'autres endroits.) Quelques acuponcteurs déclarent que les propriétés électriques de l'organisme deviennent déséquilibrées des semaines ou même des mois avant l'apparition des symptômes. Ces praticiens affirment que l'acuponcture peut être employée pour traiter des conditions lorsque le patient "ne se sent pas bien," malgré qu'aucune maladie ne soit encore apparue.

La médecine chinoise traditionnelle (aussi bien que les pratiques médicales folkloriques de plusieurs pays asiatiques) est une menace, à certaines espèces animales. Par exemple, les ours noirs -- précieux pour leur vésicule biliaire -- ont été chassés presqu'à l'extinction en asie, et le braconnage (chasse illégale) des ours noirs est un problème croissant en Amérique du nord.

 

Déclarations douteuses

 
 

Les maladies présumément identifiées comme répondant bien à l'acuponcture incluent les douleurs chroniques (cervicales, et dorsales, céphalées migraineuses), la douleur aigue reliée à des blessures (entorses, déchirures musculaires ou ligamentaires), les problèmes gastro-intestinaux (indigestion, ulcères, constipation, diarrhées), les conditions cardio-vasculaires (haute ou basse pression), les conditions musculaires ou neurologiques (paralysie, surdité), les problèmes génito-urinaires (irrégularité menstruelles, la frigidité, l'impuissance), et les problèmes de comportement (suralimentation, dépendance médicamenteuse, le tabagisme). Toutefois, les preuves appuyant ces présomptions se limitent aux observations des praticiens et à des études pauvrement structurées. Une étude contrôlée aurait trouvé que l'électroacuponcture des pavillons d'oreilles n'avait pas plus d'effet bénéfique sur la douleur chronique que la stimulation placébo (palpation légère) [3].

 
En 1990, trois épidémiologistes hollandais ont fait l'analyse de 51 études contrôlées d'acuponcture comme traitement de la douleur chronique et ont conclu que "la qualité des études considérées les meilleures n'était que médiocre...(et que) l'efficacité de l'acuponcture comme traitement de la douleur chronique demeure douteuse"[4]. Ils ont aussi examiné des recherches où l'acuponcture était utilisée comme traitement de tabagisme, de la dépendance à l'héroïne et à l'alcool. Ils ont conclu que les affirmations à l'effet que l'acuponcture est efficace comme traitement pour ce genre de problèmes ne sont pas appuyées par la recherche clinique [5].

L'acuponcture comme forme d'anesthésie n'est pas employée pour la chirurgie en Orient autant que le suggèrent ses partisans. En Chine, les médecins font le triage des patients et éliminent ceux qui ne semblent pas des bons candidats. L'acuponcture n'est pas utilisée en chirurgie d'urgence et souvent elle est associée à de l'anesthésie locale ou à des médications narcotiques [6].

Comment l'acuponcture parvient à soulager la douleur n'est pas clair. Une théorie suggère que les pulsations de la douleur seraient bloquées à différentes "barrières" les empêchant d'atteindre le moëlle épinière ou le cerveau. Une autre théorie veut que l'acuponcture incite le corps à produire des substances de type narcotique appelées "endorphines" qui diminueraient la douleur. D'autres théories suggèrent que l'effet placebo, la suggestion externe (l'hypnose), et le conditionnement culturel seraient des facteurs importants. Melzack et Wall ont noté que le soulagement de la douleur produite par l'acuponcture peut aussi être produite par plusieurs autres types d'hyperstimulation sensorielle, comme l'électricité et la chaleur aux points d'acuponcture et ailleurs sur le corps. Ils concluent que "l'efficacité de toutes ces formes de stimulation indique que l'acuponcture n'est pas une procédure magique mais seulement un moyen, parmi plusieurs, de produire l'analgésie [soulagement de la douleur] par un apport sensoriel intense." En 1981, l'American Medical Association Council on Scientific Affairs a noté que le soulagement de la douleur ne survient pas de façon constante ou reproductive chez la plupart des gens et n'apparait pas du tout chez certaines personnes [7].

En 1995, George A. Ulett, M.D., Ph.D., professeur clinique de psychiatrie, à l'University of Missouri School of Medicine, observait que "une fois vidée de sa pensée métaphysique, l'acuponcture ne devient qu'une simple technique qui peut être utile comme méthode non-médicamenteuse de contrôle de la douleur." Il estimait que la variété chinoise traditionnelle était principalement un traitement placebo, mais que la stimulation électrique d'envrion 80 points d'acuponcture avait prouvé son utilité pour le contrôle de la douleur. [8].

 
Jusqu'à présent, la qualité de la recherche sur la médecine chinoise traditionnelle, en Chine, a été extrêmement pauvre. Une analyse récente de 2 938 rapports d'études cliniques publiées dans les revues médcales chinoises aurait montré qu'aucune conclusion ne peut être tirée de la majorité de ces études. Les chercheurs ont déclaré:
 
Dans la plupart des études, la maladie était définie et diagnostiquée selon les critères de la médecine conventionnelle; les résultats des études ont été évalués par des méthodes objectives ou subjectives (ou les deux) de la médecine conventionnelle, souvent associées à des méthodes chinoises traditonnelles. Plus de 90% des études publiées dans des revues de médecine non-spécialisée ont investigué des traitements d'herbes médicinales qui étaient des médicaments chinois de marque déposée.

Malgré l'amélioration de la qualité méthodologique au cours des années, plusieurs problèmes persistent. La méthode de randomisation était souvent mal décrite, Le double insu n'était utilisé que dans 15% des études. Seulement quelques études avaient des groupes de 300 sujets ou plus. Plusieurs études utilisaient un groupe contrôle traité avec un autre traitement de médecine chinoise dont l'efficacité n'avait pas toujours été évaluée par des études contrôlées. La plupart des études étaient à cour ou moyen terme plutôt qu'à long terme. La plupart ne faisait pas mention de la conformité et du caractère complet du suivi ("follow-up"). L'efficacité n'était que rarement définie ou rapportée quantitativement. Le traitement des analyses n'était pas mentionné. Plus que la moitié ne donnait pas de données de base ou ne rapportait pas les effets secondaires. Plusieurs des études étaient publiées comme rapports brefs. Dans bien des études, on rapportait une efficacité du traitement ce qui indique que le biais de publication est fréquent; un ensemble de 49 études sur l'acuponcture comme traitement d'accidents cérébro-vasculaires confirmait des publicaltions sélectives des résultats positifs dans ce domaine ce qui suggère que l'acuponcture n'est pas plus efficace que les traitements des groupes contrôles [9].

Deux scientifiques de l'Universiy of Heidleberg auraient developpé une "pseudo-aiguille" qui permetterait aux chercheurs en acuponcture de concevoir de meilleurs canevas de recherche pour des études contrôlées. Le gadget est une aiguille avec un embout épointé qui bouge librement dans un manche en cuivre. Lorsque l'embout touche à la peau, le patient a la même sensation qu'il ressentirait s'il était piqué par l'aiguille d'acuponcture. Durant cette procédure, la partie visible de l'aiguille bouge à l'intérieur du manche donnant l'impression qu'elle pénètre la peau. Lorsque le gadget était essayé chez des volontaires, aucun ne se doutait qu'il n'avait pas la peau pénétrée [10].

En 2004, une équipe de l'Université de Heidelberg a démontré la valeur de la technique de leur 'fausse acuponcture' dans une étude sur la nausée et vomissements post-opératoires chez les femmes qui avaient subi une chirurgie mammaire ou gynécologique. L'étude portait sur 220 femmes qui ont subi soit l'acuponcture ou la 'fausse acuponcture' au point '6 péricardique' sur la face interne de l'avant-bras. Aucune différence n'a été démontrée en ce qui a trait aux nausées et vomissements ou à la médication utilisée pour les vomissements, chez celles qui ont eu le traitement avant ou durant l'anesthésie. [11]. Une analyse sous-groupe aurait trouvé que les vomissements ont été réduits de façon significative chez les patientes traitées par acuponcture, mais les auteurs ont conclu que la différence n'était pas statistiquement valable. Cette étude est importante puisque la réduction des nausées et vomissments serait un point bénéfique attribué à l'acuponcture selon des publications scientifiques rapportées.

Harriet Hall, médecin de famille aujourd'hui retirée qui est intéressée dans le charlatanisme, a résumé la signification de la recherche dans l'acuponcture de façon intéressante:

Les études sur l'acuponcture ont démontré que le site où les aiguilles sont insérées ne fait aucune différence, et que vous injecter des aiguilles ou non (du moment que le patient croit que vous les utilisez). Plusieurs chercheurs sur l'acuponcture font ce que j'appelle de la science Tooth Fairy (la fée des dents) (?): tenir compte de combien d'argent est laissé par la fée sous l'oreiller sans se demander si cette fée existe.

 

 
Risques significatifs

L'acuponcture mal administrée peut causer des pertes de connaissance, des hématomes aux sites des injections (à cause d'hémorragies), des pneumothorax (perforation pulmonaire), des convulsions, des infections locales, l'hépatite B (aiguilles non stérilisées), l'endocardite bactérienne, la dermite de contact, et des blessures aux nerfs. Les herbes utilisées par les praticiens de l'acuponcture ne sont par réglementées pour ce qui est de la sécurité, de la puissance, ou de l'efficacité. Il y a aussi le risque que l'acuponcteur, dont l'approche diagnostique n'est pas basée sur des concepts scientifiques, puisse passer à côté du diagnostic d'une maladie sérieuse.

 
Les effets indésirables de l'acuponcture sont probablement reliés à la formation du praticien. Un sondage de 1 135 médecins norvégiens a récemment révélé 66 cas d'infection, 25 cas de perforation pulmonaire, 31 cas de douleur aggravée et 80 autres cas ayant eu d'autres complications. Un sondage semblable de 197 acuponcteurs, qui sont plus aptes à noter les complications immédiates, a montré 132 cas de perte de connaissance, 26 cas de douleur aggravée, 8 cas de pneumothorax et 45 cas avec d'autres effets secondaires [12]. Toutefois, une étude d'une durée de 5 ans, portant sur 76 acuponcteurs dans un établissement médical japonnais a démontré 64 rapports de réactions adverses (incluant 16 aiguilles oubliées et 13 cas de baisse de pression transitoires) associées à 55 591 traitements d'acuponcture. Aucune complication grave ne fut rapportée. Les chercheurs ont conclu que des réactions secondaires sérieuses sont rares lorsque l'acuponcture est pratiquée par des praticiens ayant une formation médicale [13].

En 2001, des membres du British Acupucture Council qui ont participé à deux études prospectives ont rapporté un taux bas de complications et aucune complication sérieuse chez les patients qui ont subi plus de 66 000 traitements [14,15]. Un éditorial joint suggérait que chez les praticiens compétents, les chances de complications seraient minime [16]. Puisque les données ne sont pas disponibles, les études ne peuvent pas comparer les risques versus les bénéfices. Les études ne tiennent pas compte non plus les chances de diagnostic erronné (et le manque de soins médicaux appropriés) de la part des praticiens qui utilisent les méthodes chinoises traditionnelles.

 
Normes douteuses

En 1971, on a vécu une vague aux Etats-Unis durant laquelle l'acuponcture a été popularisée suite à des histoires rapportées par plusieurs personnes haut-placées qui auraient fait des visites en Chine. Des réclames très voyantes avaient été préparées par des entrepreneurs médicaux et non médicaux sous forme de cliniques, colloques, démonstrations, publications, cours par courrier, incluant des trousses pour faire des essais soi-même. Aujourd'hui, il y a quelques états qui limitent la pratique de l'acuponcture aux médecins ou au personnel sous leur surveillance directe. Dans 20 états environ, toute personne sans formation médicale peut pratiquer l'acuponcture sans surveillance médicale. La FDA classifie maintenant les aiguilles utilisées dans l'acuponcture comme appartenant à la "classe II" des appareils médicaux étiquetés pour usage unique par des praticiens qui ont l'autorisation des utiliser [17]. L'acuponcture n'est pas couverte par Medicare. Le numéro de mars 1998 du Journal of the American Chriopractic Association contient un article spécial en cinq parties encourageant les chiropracticiens de prendre une formation en acuponcture ce qui, selon un des contributeurs, étendrait leur champ de pratique [18].

 
La National Certification Commission for Acupuncturists and Oriental Medicine (NCCAOM) a rédigé des normes de certification volontaire, et aurait certifié plusieurs milliers de praticiens de medecine orientale, d'acuponcture, d'herbologie chinoise, et d 'Asian Bodywork Therapy'. En 2007, il aurait rapporté que leurs progammes de certification ou d'examens étaient reconnus pour l'obtention de droit de pratique dans 40 états ainsi que dans le District of Columbia et que plus de 20 000 practiciens sont licenciés aux États-Unis [19]. Voir Acupuncture.Com. Les certificats utilisés par les acuponcteurs incluent le C.A. ('certified acupuncturist'), M.A. ("master acupuncturist'), Dip. A. (diplôme d'acuponcture), et Dipl. O. M. O.(diplomate en médecine orientale) et O.M.D. (docteur en médecine orientale). Certains ont une signification légale, mais ils ne signifient pas que le détenteur a la compétence de poser des diagnostics adéquats ou administrer un traitement approprié.

En 1990 le U.S. Secretary of Education reconnaissait le National Accreditation Commission for Schools and Colleges of Acupuncture and Oriental Medicine comme une agence d'accréditation. Toutefois, une telle reconnaissance n'est pas basée sur la validité de ce qui est enseigné mais sur d'autres critères [15]. Ulett a noté:

L'accréditation des acuponcteurs est une comédie. Bien que quelques-uns de ceux qui sont certifiés soient des médecins naïfs, la plupart sont des gens sans vraie formation médicale qui jouent au docteur et se servent de leur certification comme d'un parapluie qui couvre une foule de traitements non prouvés, des foutaises du Nouvel Age. Malheureusement, quelques établissements appelés HMO (health management organizations), des hôpitaux et même des facultés de médecine succombent à l'appât et exposent les patients à des faux traitements de ce genre alors qu'ils ont pourtant besoin de vrais soins médicaux.

 
Le National Council Against Health Fraud (Conseil national contre la fraude dans le domaine de la santé) a conclut:
Le fiasco du NIH

En 1997, la conclusion de "Consensus Development Conference", subventionnée par le NIH (National Institutes of Health) et de plusieurs autres agences, était que: "il y suffisamment de preuves. . . de la valeur de l'acuponcture pour étendre son emploi en médecine conventionnelle et encourager des études futures de sa physiologie et de sa valeur clinique" [22]. Les membres du panel ont aussi suggéré que le gouvernement fédéral et les compagnies d'assurance étendent leur couverture pour inclure l'acuponcture pour que la population puisse y avoir accès davantage. Ces conclusions n'étaient pas basées sur la recherche faite depuis que la position du NCAHF (National Council Against Health Fraud) fut publiée. Elles reflètent plutôt l'opinion biaisée des participants qui avaient été choisis par un comité de planification dominé par des partisans de l'acuponcture [23]. Le directeur du comité NCAHF, Wallace Sampson, M.D., a décrit la conférence comme "un consensus de partisans, non pas un consensus d'opinion scientifique valable."

 
Bien que le rapport faisait état de sérieux problèmes, il négligeait de les placer dans une perspective appropriée. Les participants étaient d'accord sur le fait que "la vaste majorité des publications portant sur l'acuponcture se limitaient à des histoires de cas, des séries de cas ou des études d'intervention mal structurées pour évaluer l'efficacité". Ils étaient également d'avis que "relativement peu" d'études cliniques comparatives de qualité, et démontrant les effets de l'acuponcture, avaient été publiées. Mais le rapport soligna que "l'Organisation Mondiale de la Santé" avait énuméré plus de 40 [conditions] pour lesquelles l'[acuponcture] pourrait être indiquée. Cette phrase aurait dû être suivie par un commentaire à l'effet que cette liste n'est pas valide.

Une erreur encore plus sérieuse est bien que le rapport porte sur la thérorie chinoise de l'acuponcture, il oubli de souligner le danger et le gaspillage économique qu'impliqe le fait d'aller consulter des praticiens qui sont incapables de poser des diagnostics appropriés. Le rapport a noté:

 
En termes simples, cela signifie que si vous allez consulter un praticien de médecine chinoise traditionnelle, vous courrez des chances de ne pas être diagnostiqué de façon appropriée. Très peu de publications le mentionnent, ce qui me frappe comme très étrange. Même le magazine Consumer Reports recommande à ses lecteurs de consulter un practicien qui est certifié par la NCCAOM, s'ils veulent un traitement d'acuponcture. Je conseille toute personne d'éviter les practiciens 'certifiés'. Parce que la formation nécessaire à la certification est basée sur des théories TCM (Médecine Chinoise Traditionnelle), la façon la plus sécure d'avoir de l'acuponcture devrait provenir d'un médecin conventionnel qui fait de la recherche dans le domaine dans une école de médecine universitaire et qui n'accepte pas de telles théories.

Etudes diagnostiques

En 1998, suite à sa conférence à laquelle j'ai assisté dans un collège local, un praticien d'expérience en médecine chinoise traditionnelle m'a diagnostiqué en prenant mon pouls et en regardant ma langue. Il m'a dit que mon pouls indiquait des signes de "stress" et que ma langue montrait que je souffrais de "congestion sanguine." Quelques minutes plus tard, il a examiné une femme et lui a dit que son pouls montrait des contractions ventriculaire prématurées (habituellement un trouble bénin du rythme cardiaque). Il nous a suggéré de suivre un traitement d'acuponcture avec herbes - - qui nous aurait coûté à peu près 90 dollars la visite. J'ai par la suite pris le pouls de la dame en question et il était tout à fait normal. Je crois que la majorité des acuponcteurs sans formation médicale pratiquent de cette façon. Le consensus du NIH aurait dû souligner le caractère sérieux du problème.

Une étude publiée en 2001 illustre l'absurdité des pratiques de la médecine chinoise traditionnelle. Une femme âgée de 40 ans avec une douleur lombaire chronique qui aurait consulté sept acuponcteurs durant une période de deux semaines a été diagnostiquée de "stagnation du Qi" par six d'entre eux, "stagnation sanguine" par cinq, "déficience du Qi rénal" par deux, "déficience yin" par l'un d'eux, et "déficience hépatique Qi" par un autre. Les traitements proposés variaient encore plus. Parmi les six qui tenaient un dossier, les praticiens prévoyaient utiliser entre 7 et 26 aiguilles insérées dans 4 à 16 "points spécifiques d'acuponcture" dans le dos, une jambe, un bras, et un pied. Des 28 points d'acuponcture choisis, seulement 4 (14%) avaient été prescrits par deux ou plus d'acuponcturistes. [24]. L'étude semble avoir été structurée pour rendre les résultats aussi uniformes que possible. Tous les acuponcturistes avaient été formés dans une école de médecine chinoise traditionnelle. Six autres bénévoles étaient exclus parce qu'ils utilisaient des "pratiques très atypiques", et trois autres parce qu'ils n'étaient en pratique que moins de 3 ans. Contrairement au fait que des méthodes scientifiques soient étudiées rigoureusement pour assurer leur fiabilité, cette étude semble être la première publiée examinant l'uniformité du diagnostic et traitement de la médecine chinoise traditionnelle. Je crois que nous allons voir d'autres études plus élaborées qui vont aussi démontrer que les diagnostics de la médecine chinoise traditionnelle sont sans signification et n'ont à peu près rien à voir avec l'état de santé du patient. Les auteurs de l'étude déclarent que les conclusions démontraient une" cohérence considérable" parce que presque tous les praticiens ont trouvé une stagnation du Qi ou du sang. Toutefois, l'explication la plus plausible est que ce diagnostic est posé chez presque tous les patients. Il serait fascinant de voir ce qui va arriver lorsqu'une personne en bonne santé sera examinée par plusieurs acuponcteurs.

 

Pour renseignements additionnels:

 

Références:

1. Skrabanek P. Acupuncture: Past, present, and furure. In Stalker D, Glymour C, editors. Examining Holistic Medicine. Amherst, NY: Prometheus Books, 1985.

2. Kurtz P, Alcock J, and others. Testing psi claims in China: Visit by a CSICOP delegation. Skeptical Inquirer 12:364-375, 1988.

3. Melzack R, Katz J. Auriculotherapy fails to relieve chronic pain: A controlled crossover study. JAMA 251:1041?1043, 1984
4. Ter Reit G, Kleijnen J, Knipschild P. Acupuncture and chronic pain: A criteria-based meta-analysis. Clinical Epidemiology 43:1191-1199, 1990.
5. Ter Reit G, Kleijnen J, Knipschild P. A meta-analysis of studies into the effect of acupuncture on addiction. British Journal of General Practice 40:379-382, 1990.
6. Beyerstein BL, Sampson W. Traditional Medicine and Pseudoscience in China: A Report of the Second CSICOP Delegation (Part 1). Skeptical Inquirer 20(4):18-26, 1996.
7. American Medical Association Council on Scientific Affairs. Reports of the Council on Scientific Affairs of the American Medical Association, 1981. Chicago, 1982, The Association.
8. Ulett GA. Acupuncture update 1984. Southern Medical Journal 78:233?234, 1985.
9. Tang J-L, Zhan S-Y, Ernst E. Review of randomised controlled trials of traditional Chinese medicine. British Medical Journal 319:160-161, 1999.
10. Streitberger K, Kleinhenz J. Introducing a placebo needle into acupuncture research. Lancet 352:364-365, 1998.
11. Streitberger K and others. Acupuncture compared to placebo-acupuncture for postoperative nausea and vomiting prophylaxis: A randomised placebo-controlled patient and observer blind trial. Anesthesia 59:142-149, 2004.

12. Norheim JA, Fennebe V. Adverse effects of acupuncture. Lancet 345:1576, 1995.

13. Yamashita H and others. Adverse events related to acupuncture. JAMA 280:1563-1564, 1998.
14. White A and others. Adverse events following acupuncture: Prospective survey of 32,000 consultations with doctors and physiotherapists. BMJ 323:485-486, 2001
15. PacPherson H and others. York acupuncture safey study: Prospective survey of 24,000 treatments by traditional acupuncturists. BMJ 323:486-487, 2001
16. Vincent C. The safety of acupuncture. BMJ 323:467-468, 2001
17. Acupuncture needle status changed. FDA Talk Paper T96-21, April 1, 1996
18. Wells D. Think acu-practic: Acupuncture benefits for chiropractic.Journal of the American Chiropractic Association 35(3):10-13, 1998.
19. NCCAOM 25th Anniversary Booklet. Burtonsville, MD: NCCAOM, 2007.

20. Department of Education, Office of Postsecondary Education. Nationally Recognized Accrediting Agencies and Associations. Criteria and Procedures for Listing by the U.S. Secretary For Education and Current List. Washington, D.C., 1995, U.S. Department of Education.

21. Sampson W and others. Sampson W and others. Acupuncture: The position paper of the National Council Against Health Fraud. Clinical Journal of Pain 7:162-166, 1991.
22. Acupuncture. NIH Consensus Statement 15:(5), November 3-5, 1997.
23. Sampson W. On the National Institute of Drug Abuse Consensus Conference on Acupuncture. Scientific Review of Alternative Medicine 2(1):54-55, 1998.
24. Kalauokalani D and others. Acupuncture for chronic low back pain: Diagnosis and treatment patterns among acupuncturists evaluating the same patient. Southern Medical Jounal 94:486-492, 2001

 

 
Cet article a été mis à jour le 30 déc. 2001 (traduction mise-à-jour le 24 nov. 2009)
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