Le Qigong est aussi associé à l'influence du courant de "l'énergie vitale". Le Qigong interne combine la respiration profonde, la concentration, et des techniques de relaxation qui doivent être pratiquées par les personnes elles-mêmes. Le Qigong externe est pratiqué par des "maîtres du Qigong" qui affirment guérir une grande variété de maladies en utilisant l'énergie émise par le bout de leurs doigts. Toutefois, des investigations scientifiques conduites en Chine et portant sur ces maîtres du Qigong n'ont permis de trouver aucune preuve de pouvoirs paranormaux mais plutôt des preuves de duperies. Les enquêteurs ont observé, par exemple, qu'une patiente couchée sur une table à peu près à huit pieds du maître Qigong bougeait de façon rythmique ou se débattait pendant que le 'maître' faisait des mouvements avec ses mains. Pourtant, lorsqu'on plaçait la patiente dans une position où elle ne pouvait plus voir le maître, les mouvements ne correspondaient pas aux siens [2]. Le Falun gong, que la Chine a bani il y a plusieurs années, est une variante du Qigong. Elle prétend être "un mécanisme puissant de guérison, de soulagement de tension et d'améliorations de santé."
La plupart des acuponcteurs adoptent le concept chinois traditionnel de la santé et la maladie et considèrent l'acuponcture, les herbes médicinales, et pratiques reliées comme approches valables à toute maladie. D'autres rejettent l'approche traditionnelle et simplement maintiennent que l'acuponcture soit un moyen simple pour soulager la douleur. Le procédé diagnostique utilisé par les praticiens de la médecine chinoise traditionnelle peut inclure le questionnaire (histoire médicale, style de vie), observation (de la peau, langue, teint), l'écoute (des bruits respiratoires), et prendre le pouls. Six aspects du pouls apparemment reliés aux organes ou fonctions, sont vérifiés dans le but de déterminer quels méridiens seraient "déficients" dans le chi. (La médecine conventionnelle reconnaît qu'un pouls correspond à la pulsation cardiaque, et peut être pris au poignet, au cou, aux pieds et aussi à d'autres endroits.) Quelques acuponcteurs déclarent que les propriétés électriques de l'organisme deviennent déséquilibrées des semaines ou même des mois avant l'apparition des symptômes. Ces praticiens affirment que l'acuponcture peut être employée pour traiter des conditions lorsque le patient "ne se sent pas bien," malgré qu'aucune maladie ne soit encore apparue.
La médecine chinoise traditionnelle (aussi bien que les pratiques médicales folkloriques de plusieurs pays asiatiques) est une menace, à certaines espèces animales. Par exemple, les ours noirs -- précieux pour leur vésicule biliaire -- ont été chassés presqu'à l'extinction en asie, et le braconnage (chasse illégale) des ours noirs est un problème croissant en Amérique du nord.
Déclarations douteuses
Les maladies présumément identifiées comme répondant bien à l'acuponcture incluent les douleurs chroniques (cervicales, et dorsales, céphalées migraineuses), la douleur aigue reliée à des blessures (entorses, déchirures musculaires ou ligamentaires), les problèmes gastro-intestinaux (indigestion, ulcères, constipation, diarrhées), les conditions cardio-vasculaires (haute ou basse pression), les conditions musculaires ou neurologiques (paralysie, surdité), les problèmes génito-urinaires (irrégularité menstruelles, la frigidité, l'impuissance), et les problèmes de comportement (suralimentation, dépendance médicamenteuse, le tabagisme). Toutefois, les preuves appuyant ces présomptions se limitent aux observations des praticiens et à des études pauvrement structurées. Une étude contrôlée aurait trouvé que l'électroacuponcture des pavillons d'oreilles n'avait pas plus d'effet bénéfique sur la douleur chronique que la stimulation placébo (palpation légère) [3].
L'acuponcture comme forme d'anesthésie n'est pas employée pour la chirurgie en Orient autant que le suggèrent ses partisans. En Chine, les médecins font le triage des patients et éliminent ceux qui ne semblent pas des bons candidats. L'acuponcture n'est pas utilisée en chirurgie d'urgence et souvent elle est associée à de l'anesthésie locale ou à des médications narcotiques [6].
Comment l'acuponcture parvient à soulager la douleur n'est pas clair. Une théorie suggère que les pulsations de la douleur seraient bloquées à différentes "barrières" les empêchant d'atteindre le moëlle épinière ou le cerveau. Une autre théorie veut que l'acuponcture incite le corps à produire des substances de type narcotique appelées "endorphines" qui diminueraient la douleur. D'autres théories suggèrent que l'effet placebo, la suggestion externe (l'hypnose), et le conditionnement culturel seraient des facteurs importants. Melzack et Wall ont noté que le soulagement de la douleur produite par l'acuponcture peut aussi être produite par plusieurs autres types d'hyperstimulation sensorielle, comme l'électricité et la chaleur aux points d'acuponcture et ailleurs sur le corps. Ils concluent que "l'efficacité de toutes ces formes de stimulation indique que l'acuponcture n'est pas une procédure magique mais seulement un moyen, parmi plusieurs, de produire l'analgésie [soulagement de la douleur] par un apport sensoriel intense." En 1981, l'American Medical Association Council on Scientific Affairs a noté que le soulagement de la douleur ne survient pas de façon constante ou reproductive chez la plupart des gens et n'apparait pas du tout chez certaines personnes [7].
En 1995, George A. Ulett, M.D., Ph.D., professeur clinique de psychiatrie, à l'University of Missouri School of Medicine, observait que "une fois vidée de sa pensée métaphysique, l'acuponcture ne devient qu'une simple technique qui peut être utile comme méthode non-médicamenteuse de contrôle de la douleur." Il estimait que la variété chinoise traditionnelle était principalement un traitement placebo, mais que la stimulation électrique d'envrion 80 points d'acuponcture avait prouvé son utilité pour le contrôle de la douleur. [8].
Malgré l'amélioration de la qualité méthodologique au cours des années, plusieurs problèmes persistent. La méthode de randomisation était souvent mal décrite, Le double insu n'était utilisé que dans 15% des études. Seulement quelques études avaient des groupes de 300 sujets ou plus. Plusieurs études utilisaient un groupe contrôle traité avec un autre traitement de médecine chinoise dont l'efficacité n'avait pas toujours été évaluée par des études contrôlées. La plupart des études étaient à cour ou moyen terme plutôt qu'à long terme. La plupart ne faisait pas mention de la conformité et du caractère complet du suivi ("follow-up"). L'efficacité n'était que rarement définie ou rapportée quantitativement. Le traitement des analyses n'était pas mentionné. Plus que la moitié ne donnait pas de données de base ou ne rapportait pas les effets secondaires. Plusieurs des études étaient publiées comme rapports brefs. Dans bien des études, on rapportait une efficacité du traitement ce qui indique que le biais de publication est fréquent; un ensemble de 49 études sur l'acuponcture comme traitement d'accidents cérébro-vasculaires confirmait des publicaltions sélectives des résultats positifs dans ce domaine ce qui suggère que l'acuponcture n'est pas plus efficace que les traitements des groupes contrôles [9].
Deux scientifiques de l'Universiy of Heidleberg auraient developpé une "pseudo-aiguille" qui permetterait aux chercheurs en acuponcture de concevoir de meilleurs canevas de recherche pour des études contrôlées. Le gadget est une aiguille avec un embout épointé qui bouge librement dans un manche en cuivre. Lorsque l'embout touche à la peau, le patient a la même sensation qu'il ressentirait s'il était piqué par l'aiguille d'acuponcture. Durant cette procédure, la partie visible de l'aiguille bouge à l'intérieur du manche donnant l'impression qu'elle pénètre la peau. Lorsque le gadget était essayé chez des volontaires, aucun ne se doutait qu'il n'avait pas la peau pénétrée [10].
En 2004, une équipe de l'Université de Heidelberg a démontré la valeur de la technique de leur 'fausse acuponcture' dans une étude sur la nausée et vomissements post-opératoires chez les femmes qui avaient subi une chirurgie mammaire ou gynécologique. L'étude portait sur 220 femmes qui ont subi soit l'acuponcture ou la 'fausse acuponcture' au point '6 péricardique' sur la face interne de l'avant-bras. Aucune différence n'a été démontrée en ce qui a trait aux nausées et vomissements ou à la médication utilisée pour les vomissements, chez celles qui ont eu le traitement avant ou durant l'anesthésie. [11]. Une analyse sous-groupe aurait trouvé que les vomissements ont été réduits de façon significative chez les patientes traitées par acuponcture, mais les auteurs ont conclu que la différence n'était pas statistiquement valable. Cette étude est importante puisque la réduction des nausées et vomissments serait un point bénéfique attribué à l'acuponcture selon des publications scientifiques rapportées.
Harriet Hall, médecin de famille aujourd'hui retirée qui est intéressée dans le charlatanisme, a résumé la signification de la recherche dans l'acuponcture de façon intéressante:
Les études sur l'acuponcture ont démontré que le site où les aiguilles sont insérées ne fait aucune différence, et que vous injecter des aiguilles ou non (du moment que le patient croit que vous les utilisez). Plusieurs chercheurs sur l'acuponcture font ce que j'appelle de la science Tooth Fairy (la fée des dents) (?): tenir compte de combien d'argent est laissé par la fée sous l'oreiller sans se demander si cette fée existe.
L'acuponcture mal administrée peut causer des pertes de connaissance, des hématomes aux sites des injections (à cause d'hémorragies), des pneumothorax (perforation pulmonaire), des convulsions, des infections locales, l'hépatite B (aiguilles non stérilisées), l'endocardite bactérienne, la dermite de contact, et des blessures aux nerfs. Les herbes utilisées par les praticiens de l'acuponcture ne sont par réglementées pour ce qui est de la sécurité, de la puissance, ou de l'efficacité. Il y a aussi le risque que l'acuponcteur, dont l'approche diagnostique n'est pas basée sur des concepts scientifiques, puisse passer à côté du diagnostic d'une maladie sérieuse.
En 2001, des membres du British Acupucture Council qui ont participé à deux études prospectives ont rapporté un taux bas de complications et aucune complication sérieuse chez les patients qui ont subi plus de 66 000 traitements [14,15]. Un éditorial joint suggérait que chez les praticiens compétents, les chances de complications seraient minime [16]. Puisque les données ne sont pas disponibles, les études ne peuvent pas comparer les risques versus les bénéfices. Les études ne tiennent pas compte non plus les chances de diagnostic erronné (et le manque de soins médicaux appropriés) de la part des praticiens qui utilisent les méthodes chinoises traditionnelles.
En 1971, on a vécu une vague aux Etats-Unis durant laquelle l'acuponcture a été popularisée suite à des histoires rapportées par plusieurs personnes haut-placées qui auraient fait des visites en Chine. Des réclames très voyantes avaient été préparées par des entrepreneurs médicaux et non médicaux sous forme de cliniques, colloques, démonstrations, publications, cours par courrier, incluant des trousses pour faire des essais soi-même. Aujourd'hui, il y a quelques états qui limitent la pratique de l'acuponcture aux médecins ou au personnel sous leur surveillance directe. Dans 20 états environ, toute personne sans formation médicale peut pratiquer l'acuponcture sans surveillance médicale. La FDA classifie maintenant les aiguilles utilisées dans l'acuponcture comme appartenant à la "classe II" des appareils médicaux étiquetés pour usage unique par des praticiens qui ont l'autorisation des utiliser [17]. L'acuponcture n'est pas couverte par Medicare. Le numéro de mars 1998 du Journal of the American Chriopractic Association contient un article spécial en cinq parties encourageant les chiropracticiens de prendre une formation en acuponcture ce qui, selon un des contributeurs, étendrait leur champ de pratique [18].
En 1990 le U.S. Secretary of Education reconnaissait le National Accreditation Commission for Schools and Colleges of Acupuncture and Oriental Medicine comme une agence d'accréditation. Toutefois, une telle reconnaissance n'est pas basée sur la validité de ce qui est enseigné mais sur d'autres critères [15]. Ulett a noté:
L'accréditation des acuponcteurs est une comédie. Bien que quelques-uns de ceux qui sont certifiés soient des médecins naïfs, la plupart sont des gens sans vraie formation médicale qui jouent au docteur et se servent de leur certification comme d'un parapluie qui couvre une foule de traitements non prouvés, des foutaises du Nouvel Age. Malheureusement, quelques établissements appelés HMO (health management organizations), des hôpitaux et même des facultés de médecine succombent à l'appât et exposent les patients à des faux traitements de ce genre alors qu'ils ont pourtant besoin de vrais soins médicaux.
En 1997, la conclusion de "Consensus Development Conference", subventionnée par le NIH (National Institutes of Health) et de plusieurs autres agences, était que: "il y suffisamment de preuves. . . de la valeur de l'acuponcture pour étendre son emploi en médecine conventionnelle et encourager des études futures de sa physiologie et de sa valeur clinique" [22]. Les membres du panel ont aussi suggéré que le gouvernement fédéral et les compagnies d'assurance étendent leur couverture pour inclure l'acuponcture pour que la population puisse y avoir accès davantage. Ces conclusions n'étaient pas basées sur la recherche faite depuis que la position du NCAHF (National Council Against Health Fraud) fut publiée. Elles reflètent plutôt l'opinion biaisée des participants qui avaient été choisis par un comité de planification dominé par des partisans de l'acuponcture [23]. Le directeur du comité NCAHF, Wallace Sampson, M.D., a décrit la conférence comme "un consensus de partisans, non pas un consensus d'opinion scientifique valable."
Une erreur encore plus sérieuse est bien que le rapport porte sur la thérorie chinoise de l'acuponcture, il oubli de souligner le danger et le gaspillage économique qu'impliqe le fait d'aller consulter des praticiens qui sont incapables de poser des diagnostics appropriés. Le rapport a noté:
Etudes diagnostiques
En 1998, suite à sa conférence à laquelle j'ai assisté dans un collège local, un praticien d'expérience en médecine chinoise traditionnelle m'a diagnostiqué en prenant mon pouls et en regardant ma langue. Il m'a dit que mon pouls indiquait des signes de "stress" et que ma langue montrait que je souffrais de "congestion sanguine." Quelques minutes plus tard, il a examiné une femme et lui a dit que son pouls montrait des contractions ventriculaire prématurées (habituellement un trouble bénin du rythme cardiaque). Il nous a suggéré de suivre un traitement d'acuponcture avec herbes - - qui nous aurait coûté à peu près 90 dollars la visite. J'ai par la suite pris le pouls de la dame en question et il était tout à fait normal. Je crois que la majorité des acuponcteurs sans formation médicale pratiquent de cette façon. Le consensus du NIH aurait dû souligner le caractère sérieux du problème.
Une étude publiée en 2001 illustre l'absurdité des pratiques de la médecine chinoise traditionnelle. Une femme âgée de 40 ans avec une douleur lombaire chronique qui aurait consulté sept acuponcteurs durant une période de deux semaines a été diagnostiquée de "stagnation du Qi" par six d'entre eux, "stagnation sanguine" par cinq, "déficience du Qi rénal" par deux, "déficience yin" par l'un d'eux, et "déficience hépatique Qi" par un autre. Les traitements proposés variaient encore plus. Parmi les six qui tenaient un dossier, les praticiens prévoyaient utiliser entre 7 et 26 aiguilles insérées dans 4 à 16 "points spécifiques d'acuponcture" dans le dos, une jambe, un bras, et un pied. Des 28 points d'acuponcture choisis, seulement 4 (14%) avaient été prescrits par deux ou plus d'acuponcturistes. [24]. L'étude semble avoir été structurée pour rendre les résultats aussi uniformes que possible. Tous les acuponcturistes avaient été formés dans une école de médecine chinoise traditionnelle. Six autres bénévoles étaient exclus parce qu'ils utilisaient des "pratiques très atypiques", et trois autres parce qu'ils n'étaient en pratique que moins de 3 ans. Contrairement au fait que des méthodes scientifiques soient étudiées rigoureusement pour assurer leur fiabilité, cette étude semble être la première publiée examinant l'uniformité du diagnostic et traitement de la médecine chinoise traditionnelle. Je crois que nous allons voir d'autres études plus élaborées qui vont aussi démontrer que les diagnostics de la médecine chinoise traditionnelle sont sans signification et n'ont à peu près rien à voir avec l'état de santé du patient. Les auteurs de l'étude déclarent que les conclusions démontraient une" cohérence considérable" parce que presque tous les praticiens ont trouvé une stagnation du Qi ou du sang. Toutefois, l'explication la plus plausible est que ce diagnostic est posé chez presque tous les patients. Il serait fascinant de voir ce qui va arriver lorsqu'une personne en bonne santé sera examinée par plusieurs acuponcteurs.
1. Skrabanek P. Acupuncture: Past, present, and furure. In Stalker D, Glymour C, editors. Examining Holistic Medicine. Amherst, NY: Prometheus Books, 1985.
2. Kurtz P, Alcock J, and others. Testing psi claims in China: Visit by a CSICOP delegation. Skeptical Inquirer 12:364-375, 1988.
12. Norheim JA, Fennebe V. Adverse effects of acupuncture. Lancet 345:1576, 1995.
20. Department of Education, Office of Postsecondary Education. Nationally Recognized Accrediting Agencies and Associations. Criteria and Procedures for Listing by the U.S. Secretary For Education and Current List. Washington, D.C., 1995, U.S. Department of Education.